Archives de l’auteur : Véronique Poutoux

• Ce mot a disparu !

 

Nous avons de belles théories qui nous aident à mieux comprendre ce qu’est apprendre, ce qu’est enseigner : qui nous renseignent de mieux en mieux sur ce qui se passe dans le cerveau, le rôle des émotions, comment fonctionne la mémoire et ce qu’il convient de mettre en place pour faciliter son travail… Les psychologues du développement, nous ont permis de regarder l’enfant autrement… Les neuro-psychologues nous éclairent de plus en plus sur la compréhension des troubles et des profils cognitifs si divers…

Nous avons élaboré de nombreux modèles pédagogiques, pour faire fonctionner les classes. Expériences des écoles nouvelles, travaux menés sur la différenciation pédagogique, sur la pédagogie institutionnelle, sur les pédagogies coopératives, sur les pratiques d’éducation inclusive … Que de matériaux à découvrir, redécouvrir. Que de pédagogues à lire et relire ! Même si le chant des sirènes résonne parfois et siffle ces courants “pédagogistes » : Enfin il suffit de maîtriser son contenu et d’avoir une autorité naturelle pour faire cours !

Nous avons toutes sortes de visions d’experts sur l’école qui rendent compte de nos difficultés, nous aident à les comprendre. Données sociologiques historiques, psychologiques, économiques…

Nous avons de beaux outils qui nous permettent de varier les démarches… Outils numériques, banque d’images, livres de littérature de jeunesse, documents supports de qualité, jeux sérieux ou jeux tout courts, films ou vidéos, équipements ultra sophistiqués par fois dans nos salles (je sais bien que ce n’est pas ainsi partout)

Chacun est donc conduit à réaliser sa propre synthèse, en piochant ici et puis là, en testant aussi ce qui lui semble intéressant…   Chacun fait ainsi son miel et c’est bien.  Mais dans cet effort que nous faisons tous pour exercer notre mission au mieux, en nous appuyant sur ces nombreux apports, un mot ne se prononce plus.

C’est le mot AMOUR.

Comme le soleil, indispensable à cette belle alchimie du miel, L’amour est cette qualité en soi qui nous permet de regarder les élèves autrement, d’établir une relation, d’inviter chacun à se dépasser. L’amour est cet ingrédient indispensable qui nous porte à vouloir faire œuvre d’éducation et d’enseignement. Il est grand temps de sortir ce mot de son silence institutionnel et de reconnaître que ce mouvement vers l’autre, les autres enfants, élèves, adultes qui nous porte chaque jour vers nos salles de cours se nomme Amour.  C’est bien lui qui tissera la confiance indispensable entre adultes et entre adultes et jeunes ; c’est bien lui qui précède la joie d’apprendre ensemble et la nourrit.

Souvenez-vous, cherchez… Quand l’avez-vous entendu pour la dernière fois ? Au sein de nos établissements scolaires, dans nos salles de professeurs, dans les couloirs… ?  Dans les formations, dans les médias ?

Cela ne veut pas dire que nous ne le vivons-pas, mais cela me donne cette impression que c’est devenu un mot tabou.

Un risque pour les jeunes !

Un risque pour les adultes !

Bien sûr, il y a eu des actes condamnables de pédophilie, mais cela n’est pas de l’amour que je sache, au contraire, il s’agit bien d’une perversion de l’amour. Peut-on grandir sans amour ? Peut-on apprendre avec quelqu’un  qui ne renvoie pas cette image tranquille de  l’adulte qui enseigne par amour  de sa discipline, du métier, et des jeunes qui lui sont confiés ? Tous ces jeunes qui, traversés par des histoires familiales parfois si lourdes, ont souvent rebondi par la rencontre d’un enseignant qui est devenu tuteur de résilience, ainsi que le montre Boris Cyrulnik. Il s’agit bien  de la victoire humble et discrète de l’amour qui donne sans attendre et sans compter, qui guérit ainsi.

 

• Évaluation du dispositif “Plus de maîtres que de classes”

Voici une analyse qualitative du dispositif “plus de maîtres que de classes” réalisée par des conseillères pédagogiques de Loire Atlantique et Marie Toullec-Théry. Des éléments très intéressants à découvrir qui rendent compte du travail mené par les enseignants et qui éclairent les modalités de travail; co intervention, co enseignement, co préparation…

Si les enseignants au départ, se sont concentrés sur le changement des comportements des enfants, le travail d’observation et d’analyse se porte ici sur les apprentissages et les aspects pédagogiques et didactiques qui concernent essentiellement le langage oral, la lecture, et les mathématiques.

A lire donc: Article Evaluation PMQC 44 _ 2016-2017

• Noam est d’abord un garçon, un élève…

Nous entendons encore parler des élèves ainsi : les Ulis, les handicapés, les BEP… Nous avions entendu d’autres termes, idiots, débiles, imbéciles… termes datant du 18ème ou 19ème et qui ont continué à résonner dans différents lieux. Ces raccourcis témoignent des relations que nous établissons avec des personnes, des élèves, des enfants qui présentent un déficit d’autonomie dans leur vie quotidienne.

Pouvons-nous enfin accorder notre expression aux fondamentaux anthropologiques qui distinguent tout homme d’un objet, qui ne nous autorisent pas à réduire une personne à une catégorie ?

 

 

SI la publicité suivante cherche bien à récolter des fonds pour la recherche, l’entrée par le trouble de Noam nous empêche de voir que Noam est d’abord un garçon, un élève en CE2… pour qui l’équipe va trouver des aides pour lui permettre de suivre au mieux la vie de sa classe en développant son autonomie….

 

Les 2 nouveaux termes que j’entends actuellement sont “les Ulis” ou les “BEP” ! Quel étrange raccourci ! Quelle paresse de notre part !

Or, il s’agit d’élèves qui ne sont pas complétement autonomes dans leur vie quotidienne et dans les apprentissages qu’ils vont construire à l’école. Prenons donc la peine d’accorder notre langage au respect de la dignité de chacun et parlons de cet élève qui est en 4eme et qui va par moments en Ulis, de cet élève qui est aidé dans sa classe par son enseignant, d’autres élèves…

Ces besoins d’aides, qu’elle qu’en soit l’origine, peuvent se produire à n’importe quel moment de la scolarité, ou exister tout au long de la scolarité ; ils peuvent être plus ou moins importants, nécessiter différents types d’aides. En fait, il nous faut penser la question de l’autonomie de l’élève et envisager les aides en vue d’une amélioration de cette autonomie. Un élève qui a des besoins éducatifs particuliers a donc des besoins d’aides, variables et différents dans le temps et suivant les lieux. Il nous faut bien interroger leur pertinence et leur maintien. Les équipes de suivi de scolarisation, ou les équipes éducatives doivent bien prendre en compte cette question en vue de faire évoluer les différents projets individuels ou aménagements. Il nous faut aussi entendre le point de vue de l’élève et de sa famille. En particulier, nous pouvons aussi être devant des situations difficiles quand l’élève ne veut plus d’aides. Comment là aussi, entendons-nous son expression ? Comment la prenons-nous en compte ? Restons-nous dans une attitude d ’emprise de par notre statut de professionnel ou accompagnons-nous le sujet dans le respect de son choix ? Nous touchons là, cette question de l’éthique relationnelle au sein de l’école, au sein des classes, dans les partenariats…

Le changement de paradigme de cette éducation inclusive, appelle cette réflexion et ce respect du sujet, de chacun des sujets ; nécessite aussi notre vigilance dans notre façon de parler et notre analyse pertinente pour adapter au mieux les aides en fonction des différents contextes présents au sein de l’école.

Véronique Poutoux, rédactrice en chef, le 6 juin 2018.

• Comment expliquer la courbe exponentielle du développement de l’autisme ?

La vidéo suivante relate de façon précise les études menées aux États Unis sur les liens entre le vaccin ROR et l’autisme. Elle montre aussi comment les résultats de ces études n’ont pas été pris en compte face aux intérêts commerciaux des laboratoires pharmaceutiques.

Nous comprenons que l’origine neuro- développementale  de l’autisme ne peut expliquer cette croissance exponentielle du nombre de cas d’enfants avec autisme. D’autre part, les descriptions des parents sont toujours les mêmes et bousculent aussi l’hypothèse uniquement neuro- développementale: en effet ces enfants avaient un développement normal avant de subir cette vaccination: suite à la vaccination, ils ont des réactions fortes et perdent par exemple le langage, ou la marche qui était acquise.

Édifiant ! Cela donne à réfléchir.

Ce documentaire co-produit par Cinéma libre studio a été censuré dans plusieurs pays et ne sera sans doute plus visible d’ici quelques jours !  : https://vimeo.com/203540788

• Vademecum pour préparer au mieux la rentrée 2018

Combien de difficultés rencontrées pour obtenir à temps les notifications de la MDPH concernant des situations d’élèves ?  Ce vademecum, publié par la Caisse nationale de Solidarité pour l’Autonomie, à destination des MDPH et des autorités académiques tente d’harmoniser les pratiques et de rappeler l’esprit de la loi de février 2005 lié à la notion de projet de vie, de souplesse, d’anticipation et de réponses adaptées aux besoins.

Un effort pour anticiper au mieux les différents moments de l’année… A consulter absolument:

 

 

• Agir Professionnel et difficultés “ordinaires” d’apprentissage

Marc Lamouric nous livre ici son travail de recherche. Sa thèse : “L’agir professionnel des enseignants dans la gestion des “difficultés ordinaires” d’apprentissage au primaire : analyse d’un cas dans une perspective historico-culturelle.”  nous entraîne au plus près de ce qui peut se passer lors d’une situation d’enseignement-apprentissage afin de découvrir à la fois l’agir professionnel et les procédures des élèves, les obstacles qu’ils rencontrent.
C’est une invitation à faire confiance aux capacités des enseignants à prendre en compte ces difficultés ordinaires; les gestes professionnels sont là pour éviter une externalisation et médicalisation de la difficulté scolaire.

Présentation de la thèse

La thèse

 

• La conception universelle de l’apprentissage, à découvrir

Nous avons souvent interrogé la notion d’accessibilité pédagogique et tentons régulièrement de l’éprouver avec des équipes enseignantes ou des journées de formation. Un court résumé de la démarche employée reprend ces éléments. De nouveaux termes apparaissent tels que design universel d’apprentissage ou conception universelle de l’apprentissage. En parallèle de cette réflexion voici  un dossier complet sur la Conception Universelle de l’apprentissage (CUA) produit par nos amis québecois. Ils s’interrogent aussi sur ce que peut être une pédagogie de l’inclusion et nous rejoignent tout en apportant une autre façon de poser la problématique et de compléter notre réflexion.

Belleau, Jacques (2015), Dossier CAPRES – La conception universelle de l’apprentissage (CUA), Québec, CAPRES. Tiré du site du CAPRES : http://www.capres.ca/dossiers/la-conception-universelle-de-lapprentissage-cua/

 

• De quelques idées de Paulo Freire

Parfois se replonger dans les écrits d’auteurs connus mais un peu oubliés donne comme un élan dans la réflexion et la recherche… C’est ce qu’a fait, pour nous, Corinne Griffaton en nous livrant cet article qui nous rappelle bien des fondements de l’éducation inclusive.
En effet, Paulo Freire a œuvré à la fois, à l’alphabétisation de populations qui en étaient exclues, par des méthodes originales, mais aussi par les fortes convictions pédagogiques et éthiques qui guidaient son action. Paulo Freire “commence par recenser ce que les apprenants savent déjà. Il respecte profondément les savoirs populaires. Il apprend avec eux. Il utilise des images. Il valorise la parole de chacun. Il invite chacun, quel que soit son bagage de vocabulaire, à se questionner sur des grands sujets, comme « Qu’est-ce que la culture », « Qu’est-ce qu’être humain ? », car l’important n’est pas d’inculquer un savoir préexistant, mais de construire des savoirs ensemble, en groupe, dans le dialogue. ”

Oui nous retrouvons en lisant ces lignes de bons rappels et des pistes de questionnement sur nos pratiques actuelles, dans notre contexte d’aujourd’hui.

Corinne Griffaton – Paulo Freire.docx

 

• Suite enquête ULIS…

Vous avez été très nombreux( exactement aujourd’hui 139) à répondre en tant que coordonnateurs d’ULIS et nous allons pouvoir commencer à en effectuer l’analyse.
L’enquête auprès des coordonnateurs est maintenant close, merci pour votre participation.

Nous n’avons par contre que peu de réponses de la part des collègues enseignants 1er et 2nd degré ; aussi pouvez-vous, en tant que coordonnateurs, diffuser l’information de cette enquête et les inviter à répondre. De même, n’hésitez pas à faire connaitre l’enquête volet parents.

Voici les liens :

Enquête enseignants 1er degré: https://goo.gl/forms/NEmHK8uqJInIsODA3

Enquête enseignants 2nd degré: https://goo.gl/forms/IwTa05RJ6dH8NjlH2

Enquête parents: https://goo.gl/forms/E9Kn8296Q6AdliFl1

Merci de votre contribution à cette dernière phase de l’enquête.

• “Il va en inclusion… Êtes-vous d’accord ?”

Le 18 décembre 2018, le département Éducation Inclusive de L’ISP Faculté d’éducation (Paris)  a accueilli Marie Toullec-Théry pour une conférence interactive exceptionnelle de 6 heures.
Éducation inclusive, nouvelle sémantique, différenciation et école inclusive… Accessibilité des apprentissages… Activités cognitives… Elle présente ici de nombreux travaux de chercheurs, André Tricot, Sylvie Cèbe… (Partie 4)

La conférence est divisée en 4 parties (entre 1h00 et 1h30 chacune) et précédée du diaporama présenté par Madame Toullec-Théry.

À visionner seul, en équipe, par petites parties en confrontant avec nos pratiques…
Merci à l’ISP-Faculté d’Éducation de nous proposer cet excellent support.
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