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● Les enjeux actuels d’une école inclusive Acte II, pour les chefs d’établissement

Depuis 2023, les recommandations de la Conférence Nationale pour les personnes handicapées montrent un mouvement lent mais qui se construit peu à peu vers les logiques environnementales, vers une place plus grande faite à l’accessibilité sur tous les plans, et  envisagent de nouvelles modalités de travail entre secteur du médico-social et éducation nationale. Allons- nous vraiment vers une école inclusive , Acte II ? et dans ce cas quelles conséquences pour les chefs d’établissement.

Je vous propose déjà deux axes de travail pour mener à bien avec vos équipes cette évolution :

Donner toute sa place à l’animation pédagogique.

En effet, l’animation pédagogique semble avoir été oubliée, submergée par les aspects administratifs liés à la sur personnalisation des parcours. Or, si les enseignants sont démunis dans les pratiques au regard d’élèves qui les mettent en difficulté, comment les accompagnons-nous ? Peut-on penser sérieusement que des modules en visio, portant sur la connaissance des troubles et les obligations qui sont les leurs,  peuvent suffire à rendre les pratiques pédagogiques inclusives ? L’animation pédagogique portée par le chef d’établissement doit permettre de mobiliser l’équipe sur les vrais enjeux de cette transformation, de revisiter les pratiques de différenciation pédagogique en pointant ce qui est déjà là, de se déplacer collectivement vers l’accessibilité pédagogique. Pour cela, je vous propose plusieurs axes de travail :

– Recenser les ressources en interne : enseignants, AESH, élèves, familles / Quelles expériences peuvent-ils analyser, formaliser et partager  ?

– Faciliter et organiser des temps de concertation : entre enseignants, entre enseignants et AESH, entre enseignants et autres professionnels …

– Faire exister un conseil pédagogique , ou créer une équipe motrice

– Favoriser le co-enseignement, les co-observations qui constitueront ensuite un matériau à analyser et à formaliser.

– Proposer une méthode de travail pour ces temps de concertation afin qu’ils soient constructifs.

– En privilégiant l’accessibilité pédagogique, les projets personnalisés n’ont plus toujours besoin d’exister (en particulier les PAP qui contiennent souvent les mêmes indications) , en quittant la logique médicale et du droit à, alors il est nécessaire de mettre en œuvre une politique « maison » des aménagements proposés. Cela conduira à développer une logique du droit pour participer.

Les compensations liées à l’hygiène, à l’alimentation, aux déplacements demeurent nécessaires et relèvent alors de notifications de la MDPH et de la présence d’une aide humaine pour certains élèves.

Nouvelles modalités de collaboration avec le secteur médico-social

Il va s’agir de transformer des partenariats au cas par cas par des partenariats institués autour de projets fédérateurs qui chercheront à trouver les meilleures réponses ensemble aux besoins des jeunes. Pour cela :

– Connaître les ressources existantes sur son bassin, son secteur.

– Faire connaissance avec les responsables, en cela être pro actif. Solliciter des RV ; mais aussi inviter ces partenaires à des moments forts de la communauté éducative, ou  des temps pédagogiques de réflexion.

– Monter des événements festifs autour de projets par et pour les jeunes.

– Envisager des actions possibles  dans un timing donné.

 

● Comprendre et mettre en œuvre la flexibilité cognitive

Voici un support éclairant sur la flexibilité cognitive produit par Virginie Houpert. Il permet à la fois de travailler avec les élèves la compréhension de cette fonction mais aussi de la travailler avec de puissantes métaphores.  les élèves peuvent ainsi mieux comprendre leur zones de blocage dans un apprentissage.

https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7423664679157379073/

● Parcours scolaire des jeunes placés à l’ASE ?

Aide sociale à l’enfance…
(…)
Le parcours scolaire des jeunes placés est chaotique. Autre forme de vulnérabilité d’apprendre qui demande aussi de prendre soin de ces jeunes et de mieux travailler avec l’aide sociale à l’enfance. De plus « Les situations de handicap sont sept fois plus fréquentes chez les jeunes placés que dans la population générale des 15-19 ans, avec 10 % d’entre eux concernés contre 1,2 % en moyenne ». « 8 % des jeunes placés sont accompagnés par des structures médico-sociales, contre 1 % dans la population générale », ce qui complique d’autant plus leurs parcours. »
(…)

Article à lire dans le café pédagogique 

● Conception universelle de l’enseignement

Dans un entretien avec Sylvie Cèbe, réalisé par Patrick Picard et Régis Guyon, celle-ci retrace de façon éclairée le parcours réalisé depuis l’UDL, Universal design for learning, jusqu’à ce qu’elle préfère nommer la conception universelle de l’enseignement, (et non CUA, conception universelle de l’apprentissage !) car la démarche ne cible pas directement les élèves mais interpelle les enseignants sur la conception même des activités proposées. Il s’agit en effet
 » plutôt que de multiplier les adaptations pédagogiques spécifiques et les remédiations personnalisées (souvent couteuses et peu efficaces), de concevoir dès le départ un enseignement accessible à tous et toutes. Cette démarche implique d’anticiper les obstacles potentiels que des élèves pourraient rencontrer identifier ensuite les moyens de les contourner ou de les réduire en amont. »

Elle rend compte dans cet article du travail mené en formation. Elle pointe l’importance de l’analyse de l’activité cognitive en jeu et des charges pouvant être contenues dans une séance didactique :
– la charge extrinsèque, celle liée aux informations, aux détails inutiles
– la charge intrinsèque, » liée à la difficulté de la tâche et à l’intelligibilité des informations à traiter pour la réaliser »
– la charge essentielle « liée à l’apprentissage lui-même ».

IL s’agit donc de diminuer autant que possibles les charges intrinsèques et extrinsèques pour accorder la priorité à la charge essentielle. D’où l’importance de l’analyse des activités proposées et particulièrement des savoirs qui sont en jeu dans cette séance.

Sylvie Cèbe insiste sur l’importance de guider les enseignants dans ce travail de conception.

Voir l’article

● Les EMASCO ? Quezaco ?

Vous trouverez ci dessous la plaquette de présentation d’une équipe mobile d’appui à la scolarisation.

En effet, une belle présentation des objectifs , des moyens et des ressources que les équipes enseignantes peuvent solliciter afin de mieux répondre à des situations difficiles, voire très difficiles d’élèves.

A chaque équipe de se renseigner localement pour savoir comment sur le territoire sont organisées ces équipes. L’école a besoin de ces appuis des personnels du médico social. Il est grand temps d’avancer dans des pratiques interprofessionnelles.

Merci à l’équipe de Guérande pour nous permettre de diffuser sa plaquette de présentation.

L’EMASCO Guérande.

● L’accessibilité pédagogique, pourquoi et comment ?

Dans le cadre du chantier « Co construire un établissement universel » mis en oeuvre par la Direction diocésaine de l’Enseignement Catholique d’Ile et Vilaine depuis 2023,  voici la vidéo d’une conférence qui tente d’explorer la question de l’accessibilité pédagogique…

https://youtu.be/RR6sPt9O7Sk?si=SDQS4K8zDdPCyJk3

● Alignement pédagogique et accessibilité

Cette infographie proposée par HEC Montréal et mise en ligne par Fabrice Pastor sur Linkedin semble revenir sur l’évidence de l’alignement entre objectifs visés, activités d’apprentissage et d’évaluation proposées, c’est à dire la clarté et la cohérence de l’ensemble. Une belle métaphore nous est proposées. Parfois, il peut y avoir des écarts : des objectifs trop ambitieux et des activités d’apprentissage proposées qui ne permettent pas d’atteindre les objectifs ; ou encore des activités d’évaluation sur calibrées par rapporta aux objectifs visés et aux activités d’apprentissage proposées. De l’importance de l’auto analyse de son travail ou d’une analyse conjointe avec des collègues (et pourquoi pas de discipline différente ; les collègues apporteront un regard distancié qui facilitera l’analyse).

D’autre part, cette présentation peut nous permettre de vérifier pas à pas l’accessibilité des propositions pédagogiques :

– Les objectifs sont-ils accessibles pour tous ? Faut-il prévoir des objectifs différents pour quelques élèves tout en leur permettant de participer à l’activité ?

– Les activités d’apprentissage sont déclinées en 3 niveaux pour aller d’un apprentissage de surface à un apprentissage en profondeur. Les activités proposées sont-elles accessibles pour tous ? Quels obstacles éventuels sont contenus ? Quelles aides alors proposer ? Il est aussi possible de viser des niveaux d’apprentissage différents et d’en tenir compte ensuite pour les activités d’évaluation. Les différentes propositions d’activités peuvent être déployées simultanément. Il n’est pas forcément nécessaire que tous les élèves fassent tous les mêmes activités. Mais cela demande de cibler ce qui sera le plus utile, efficient. Avoir des propositions d’activités différentes en même temps sur un même contenu s’inscrit bien dans une recherche d’accessibilité.