Repères

Parce que nous avons tous besoin de balises, de points d’ancrage, ces pages sont destinées aux articles de réflexion, aux sorties de publications et aux incontournables textes officiels.

. « Aider l’enfant à faire oeuvre de lui-même »

Le café pédagogique nous livre ce lundi 4 mai un entretien avec Philippe Meirieu et Xavier Bouchereau.  Voici quelques extraits qui m’ont particulièrement rejoint et qui redisent le sens profond de notre métier. 
Dans le livre, « Parce que nous croyons encore à l’éducation, Erès 2026, Philippe Meirieu, emploie à plusieurs reprises l’expression « aider l’enfant à faire œuvre de lui-même ». C’est une très belle expression, qui embrasse la question éducative dans toute sa poésie. L’éducation est ainsi un art : un art qui se consacre à une œuvre qui n’est pas la sienne. Si nous pouvons accompagner un enfant sur le chemin de la vie, sa destination ne nous appartient jamais ; il lui revient de la découvrir.
Ce rappel est essentiel à un moment où de nombreuses voix plaident pour  définir des protocoles sécurisés que les enseignants auraient à décliner. Toutes les nouvelles connaissances acquises grace aux sciences cognitives ne disent pas la complexité de cet « advenir » possible de chaque être humain. Nous ne fabriquons pas des objets  mais conduisons nos jeunes élèves vers le plein épanouissement de leur potentiel. C’est une belle oeuvre à laquelle nous contribuons.
Et, ainsi définie, la pédagogie n’est ni une science (avec des prescriptions à appliquer mécaniquement) ni une affaire de charisme individuel, c’est un « art de faire » : construire un cadre sécurisant et stimulant, préparer des progressions, être attentif aux événements qui surviennent, observer et comprendre ce qui se passe, prendre les bonnes décisions au bon moment.

Oui cet « art de faire » est tellement subtil, passionnant et sollicite chez l’enseignant et les équipes une part de recherche, de créativité, d’analyse. Les mises en oeuvre qui en découlent ne sont jamais garanties car surgit toujours inattendu de la réception par les élèves de nos propositions… Tous les instants de  « flow » nous étonnent nous-mêmes, quand tout va bien , que les élèves s’engagent pleinement, que la classe ressemble à une ruche qui s’organise et développe questionnement et pensées… Et quand rien ne fonctionne, il nous faut reprendre comme un tisserand sur le métier, chercher où sont apparus des nœuds…
La coéducation, ce devrait être cela : des portes qui s’ouvrent tout au long d’une vie en devenir, sans que nécessairement d’autres se ferment. Des possibles offerts à l’enfant dans des espaces différents, où ils peuvent s’éprouver et expérimenter d’autres manières d’être. Pour que ces portes restent ouvertes, il est important que l’école ne se ferme pas aux ressources de l’animation socioculturelle ou sportive, que les familles s’ouvrent à l’école, que la protection de l’enfance écoute davantage les familles. Bref, les adultes doivent reconnaître ce que les autres apportent à l’enfant, sans exclusive. Ils doivent accepter la différence de ces apports. Mieux encore : les soutenir, comme une nécessité pour que l’enfant grandisse. 
Merci de cette si juste définition de la co éducation… Quand l’école devient uniquement l’école de la performance et de la compétition, qui se croit la seule entité légitime d’enseignement, elle  produit des adultes enfermés dans leur égo et leur recherche de pouvoir. Ils instrumentalisent les enfants pour qu’ils deviennent des super héros dont ils seront fiers… Ouvrons-nous donc aux ressources humaines diverses. L’école est au service des ressources en chacun à développer ensemble.

● Bien-être enseignant : une comparaison entre enseignement ordinaire et spécialisé

En présentiel ou distanciel, une conférence proposée par le Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques (LIEPP) de SciencesPo.
Intervenantes : Klara Kovarski est maîtresse de conférences à Sorbonne Université (INSPE-Paris) et chercheuse au LaPsyDE (CNRS, Université Paris Cité) Ses travaux portent sur la perception visuelle et le traitement des émotions dans le développement typique et l’autisme, à l’aide de méthodes électrophysiologiques, d’eye-tracking et comportementales
et Caroline Jeault, professeure des écoles dans l’académie de Paris et titulaire du CAPPEI. Après des études en lettres modernes et un master MEEF, elle a obtenu un master 2 « Métiers de la scolarisation inclusive », dans lequel elle s’est particulièrement intéressée au bien-être enseignant dans le cadre de son mémoire.

Pour en savoir plus et inscriptions


 

● Enfin des mesures de simplification !

Est-ce possible ? Enfin sont annoncées des mesures de simplification pour le suivi des saisines et dossiers MDPH.

Voir l’ensemble des 18 mesures proposées à compter de septembre 2026 : du bon sens/ une diminution de la charge administrative…
voir https://handicap.gouv.fr/sites/handicap/files/2025-07/Dossier-presse-Restitution-Tour-France-des-solutions-juillet-2025.pdf

Et ci-dessous une infographie récapitulative réalisée par Charlotte Martin-Chave, à consulter sur Linkedin :

 

● AESH : Mieux connaître leurs vécus et leurs situations

La DEEP publie en mars,une enquête statistique  sur  » Les conditions d’exercice des Accompagnants d’élèves en situation de handicap. »

De nombreuses données chiffrées sont  révélées qui confirment le statut difficile de ces personnels. On peut constater aussi l’évolution en cours depuis la généralisation des PIAL ( Les PAS changeront-ils quelque chose ?) . En effet, la plupart suivent plusieurs élèves, seuls 12 % délivrent une aide individuelle.
Elles sont à 94% des femmes vivant en couple et ayant en charge un enfant. Les trois quart exercent sur un lieu unique.

Voici un court extrait de l’introduction :

Le nombre de lieux d’exercice et d’élèves accompagnés constituent des facteurs importants de variation de leur vécu professionnel. Les AESH déclarent étendre leur activité au-delà des notifications d’accompagnement – documents officiels de la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) précisant les besoins des élèves dont la situation de handicap est reconnue administrativement. Ainsi, les AESH déclarent intervenir en pratique auprès d’un effectif d’élèves 1,6 fois supérieur en moyenne à celui faisant l’objet d’une notification.
Les trois quarts des AESH indiquent intervenir dans un lieu d’exercice unique. Les relations quotidiennes dans les écoles et établissements sont perçues comme très positives : moins d’une AESH sur dix rapporte un manque de respect dans ses interactions avec les élèves ou ses collègues.
En revanche, le sentiment de manque de reconnaissance sociale est fortement exprimé : à l’instar des enseignants (Ceesay et al, 2025), les AESH se disent peu valorisées socialement (85 %), tout en percevant une forte utilité de leur travail (85 %). La considération institutionnelle est jugée faible, et ce sentiment s’accentue vis-à-vis des échelons supérieurs, du niveau départemental au niveau ministériel.
Le métier d’AESH est associé à une charge émotionnelle importante : une sur quatre estime devoir cacher ses émotions ou faire semblant d’être de bonne humeur, une sur quatre déclare être en contact avec des familles en situation de détresse, et près de la moitié sont concernées par le fait de penser au travail dans leur sphère personnelle. Cependant, la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle apparaît comme un motif de satisfaction : neuf AESH sur dix déclarent ne pas dépasser significativement leur temps de travail prévu de 25,5 heures hebdomadaires, qui s’approche du temps de scolarisation des élèves. Ce métier les expose également à certaines formes d’atteintes, notamment physiques (coups, bousculades, blessures), plus fréquentes que pour les autres personnels (9 % contre 3 %).
Leurs constats rejoignent ceux des autres personnels des écoles et établissements scolaires, qui considèrent majoritairement que la réalisation de la mission d’accompagnement des élèves à besoins éducatifs particuliers nécessiterait davantage de moyens humains et une meilleure formation : plus d’un tiers des AESH (36 %) estiment avoir besoin de davantage de collègues pour exercer correctement leur métier. Environ la moitié évoque un manque de fournitures et d’espaces adaptés.
Les besoins en formation apparaissent également importants.

Des données objectives à consulter: https://www.versunecoleinclusive.fr/wp-content/uploads/2026/04/les-conditions-d-exercice-des-accompagnantes-et-accompagnants-d-l-ves-en-situation-de-handicap-481235.pdf

voir aussi sur le Café Pédagogique

● Forum de l’inclusion

Enseignants, AESH, parents, professionnels de l’accompagnement, … plus de 250 personnes se sont retrouvées ce samedi 28 mars à l’invitation de l’Atelier Canopé de Villeneuve-d’Ascq (anciennement Lille).
L’Atelier Canopé organisait, pour la sixième année, sa journée dédiée aux élèves à besoins éducatifs particuliers dans les locaux de l’IRTS – Institut régional du travail social à Loos.

Cette journée s’inscrivait dans la programme « Forum de l’inclusion Hauts-de-France »

Thématique de la journée – Vers une école pour tous, guidée par les besoins des élèves

Mieux accompagner tous les élèves dans leur scolarité, quels que soient leurs besoins éducatifs. Face à la diversité des besoins des élèves, comment garantir une scolarisation de qualité pour tous les enfants, de la maternelle au lycée ? Comment mettre en œuvre l’accessibilité universelle centrée sur les besoins ? Comment répondre aux besoins spécifiques : DYS, TSA, EHP, allophones, RSA, … Comment adapter les pratiques pour rendre les apprentissages accessibles : enseignement explicite, feed-back, autorégulation, IA… ? Quels dispositifs et outils utiliser ?

PROGRAMME 

  • 8h45 : Accueil
  • 9h15 : Mot d’accueil
  • 9h30 -12h00 : 

conférence de Isabelle Ducos-Filippi, formatrice académique École inclusive  > Accessibilité de l’enseignement et des apprentissages

Comment accompagner les élèves à besoins éducatifs particuliers sans enfermer l’inclusion dans une logique d’adaptations individuelles ? Cette conférence propose de déplacer le regard vers l’accessibilité des apprentissages et la Conception Universelle des Apprentissages (CUA) comme réponses structurelles à l’hétérogénéité des classes. À partir de la CUA, enrichie par les apports récents de la recherche scientifique, Isabelle Ducos-Filippi, formatrice académique Ecole Inclusive, partage une approche concrète, structurée et adaptée aux réalités du terrain. La CUA y est abordée comme un cadre opérationnel articulant le pourquoi apprendre, le quoi enseigner, le comment enseigner. Une conférence pour sécuriser les apprentissages essentiels et installer des dynamiques de réussite durables, pour tous.

  • 12h00 – 13h00 : pause déjeuner
  • 13h00 – 17h30 : mini-conférences et ateliers

13h00 / 14h30

Mini-conférence > Communication Alternative et Améliorée (CAA)
Laure AUPICQ, Responsable territoriale antenne des Hauts-de-France
La CAA – De quoi parlons-nous ? Et quelle place dans la scolarité de l’enfant ? À l’heure où les orientations encouragent vers l’inclusion scolaire des enfants en situation de handicap, il parait intéressant de penser leur accompagnement et la transmission des savoirs. Dans ce cadre, la démarche de CAA est intéressante à penser afin d’aller en ce sens. Prenons le temps de définir la démarche de CAA et son impact pour tendre vers un développement des compétences et une autonomie de l’enfant.

Mini-conférence > Présentation des équipes mobiles de soutien à la scolarisation
Clémence Friedrich, psychologue, Helene Bourghelle, éducatrice spécialisée et coordonnatrice du D2IS, Fanny Scaillierez Fossard, coordinatrice D2IS Éducation nationale
Présentation par trois professionnelles des équipes mobiles de soutien à la scolarisation des papillons blancs de Roubaix-Tourcoing. Qui appeler pour quels besoins ? EMIP, EMAS, D2IS. Que proposons nous dans la collaboration Education Nationale / Médico-social ?

Mini-conférence > AFEHP
Marie-Line Stenger, formatrice – conférencière
L’apport des neurosciences dans la connaissance des personnes HPI et dans la mise en place des besoins spécifiques à la maison et en classe.

Atelier > Une école plus accessible et plus accueillante pour les élèves allophones
CASNAV // Virginie GEORGE et Marianne BOUZIANE, conseillères académiques
Comment ouvrir l’École aux élèves allophones et rendre les apprentissages accessibles, malgré la barrière de la langue, sans simplifier les savoirs ? Quelles ressources, quelles pistes pédagogiques pour répondre à leurs besoins spécifiques et permettre à chacun de s’inscrire dans un parcours de réussite ? L’équipe du CASNAV de Lille vous propose de mener la réflexion et de découvrir les ressources disponibles.

Mini-conférence > Me former à l’éducation inclusive et trouver de bonnes ressources
Jing Wang et Nicolas Ribeiro, Pôle pilote 100% IDT
Et si je découvrais une façon de trouver une ressource pédagogique complètement adaptée
à ma situation?? Et si je découvrais une nouvelle manière de me former innovante et ludique??
L’atelier vise à présenter le Pôle pilote et faire découvrir le répertoire des ressources, particulièrement une ressource pédagogique MIRIADE et une ressource de formation Simu-péda.
MIRIADE est une ressource qui vise à développer de l’empathie via la création d’histoire illustrée inclusive. Kit Simu-péda est un outil pour concevoir, d’une manière plus interactive et ludique,
des scénarios à l’usage de formation par la simulation.

  • 14h30 / 16h00

Mini-conférence > DYS : besoins spécifiques des élèves dys et les réponses pédagogiques possibles
Camille Maiffret, orthophoniste

Mini-conférence > Prendre en compte les particularités des élèves TSA pour construire un parcours scolaire de la maternelle aux études supérieures adapté aux besoins
CRA // Anne Coquet (enseignante spécialisée second degré), Isabelle Gylbert (enseignante spécialisée premier degré), Laurine Lesenne (psychologue)
Pour favoriser les apprentissages et éviter les ruptures de parcours scolaire, l’intervention proposera une réflexion autour de la structuration de l’environnement, de l’adaptation pédagogique, des aménagements aux examens, des outils institutionnels ainsi que sur les dispositifs TSA existants au sein de l’éducation nationale.

Mini-conférence > Refus scolaire anxieux, des idées reçues à un accompagnement efficace
RSA : APADHE 62 et Refus Scolaire Anxieux ; Séverine MAQUENHEM, Enseignante Coordonnatrice ; S.A.P.A.D. ; Doriane Delcroix, Psychologue de l’Education Nationale ; Circonscription de Tourcoing-Roncq
Pour augmenter les chances d’un retour vers l’établissement scolaire, l’élève en souffrance peut bénéficier de solutions « sur-mesure », grâce à un projet personnalisé mis en place conjointement par l’établissement scolaire, la famille et le service de l’APADHE 62. Plus tôt la demande d’APADHE 62 est effectuée, plus les chances de réussite augmentent. Parents et personnels de l’éducation, ce n’est qu’en construisant ensemble que nous pourrons y arriver !

Atelier > TDAH : mieux connaître pour mieux agir    – COMPLET –
Bénédicte Dubois, formatrice en sciences cognitives, enseignante spécialisée, collaboratrice dans l’équipe ATOLE du Centre de recherche en neurosciences / Inserm de Lyon
Cet atelier s’appuie sur une meilleure compréhension du TDAH pour mettre en œuvre des stratégies d’adaptation concrètes, visant à réduire les obstacles à l’apprentissage et à favoriser l’engagement de tous.

Atelier > Rendre accessibles les apprentissages et les enseignements
Émeline Danna, enseignante spécialisée
En participant à un jeu de 7 familles, découvrez ou redécouvrez des pratiques et postures pédagogiques au service de l’accessibilité dans votre classe.

  • 16h00 / 17h30

Mini-conférence > L’autorégulation : une réponse aux besoins de tous
Christophe Poulain, formateur professeur
Une approche transversale pour répondre aux besoins éducatifs particuliers (BEP) des élèves avec des troubles du neurodéveloppement (TND) Cet atelier propose une présentation de l’autorégulation comme approche transversale au service de tous les élèves, avec une attention particulière portée aux BEP et aux élèves présentant des TND. À partir d’un modèle théorique issu des sciences cognitives, cette présentation abordera le développement des compétences d’autorégulation ainsi que la posture de l’adulte dans l’accompagnement des élèves. Les apports théoriques donneront lieu à des échanges avec la salle, à la présentation d’outils concrets, de supports visuels et de ressources pédagogiques.

Atelier > L’enseignement explicite, une approche pédagogique qui favorise l’inclusion  – COMPLET –
Bénédicte Dubois, formatrice en sciences cognitives, enseignante spécialisée, collaboratrice dans l’équipe ATOLE du Centre de recherche en neurosciences / Inserm de Lyon
L’enseignement explicite est une approche pédagogique dont l’efficacité est validée par la recherche scientifique parce qu’elle contribue à l’autonomie des élèves et à la réussite des plus fragiles. Cet atelier présentera comment la mettre en œuvre de façon rigoureuse et structurée.

Atelier > Les feedbacks
Émeline Danna, enseignante spécialisée
Plusieurs ateliers au choix vous permettront de définir les feedbacks, leurs buts et leurs différentes formes mais aussi de questionner vos pratiques et de vous entrainer à en formuler pour répondre aux besoins des élèves.

Atelier > Et si l’IA devenait notre alliée pour l’accessibilité pédagogique ?   – COMPLET –
Philippe Dubois, formateur, ingénieur pédagogique multimédia
Comment l’IA générative peut-elle réellement diversifier nos supports et différencier nos enseignements ? Un atelier pour expérimenter quelques outils sans perdre de vue les précautions nécessaires à une intégration éthique et explicite.

Le digipad de l’atelier

  • Tout au long de la journée // Stands des partenaires :CRA (Centre ressources autisme) ; AFEhP (Association française pour les enfants à haut potentiel) ; APADHE 59 et 62 / Association PEP 62 et APAJH Nord (Service d’accompagnement pédagogique à domicile, à l’hôpital ou à l’école) ; Association Phobie scolaire ; APEDYS (Association de parents d’enfants dyslexiques) ; Dyspraxie France Dys ; Avenir Dysphasie ; Corneille : le pouvoir de la lecture ; VirtySens ; Pôle pilote 100% IDT ; Pôle d’appui à la scolarisation (circonscriptions Avesnes / Valenciennes et Douai / Cambrai).

● Nouvelle instance pour l’accessibilité

Le Conseil national consultatif des personnes handicapées lance la conférence permanente de l’accessibilité et de la conception universelle. 

Souhaitons que cette conférence contribue à mieux articuler logique de compensation et logique environnementale. Souhaitons aussi qu’elle interpelle fortement les pratiques actuelles de l’éducation nationale qui continuent à trop privilégier les adaptations individuelles au détriment de la recherche d’une accessibilité des apprentissages.

● La CUA, une nouvelle mode ?

Sommes-nous vraiment entrain de développer les logiques environnementales et de droit pour participer, allons-nous vraiment vers une école pour tous ?

La Conception Universelle des Apprentissages ( CUA)  se présente  comme une approche permettant de mettre en oeuvre la logique d’accessibilité dans les pratiques pédagogiques. Comment accompagner les enseignants dans ce changement de paradigme alors que les injonctions de personnalisation par les différents projets depuis 2005 n’ont cessé de croître ? Faut-il balayer d’un revers de main, tous les efforts de différenciation pédagogiques mis en œuvre dans les classes ?

Il me semble que nous devons  faire un état des lieux des compétences que nous avons développées ces dernières années. Qu’avons-nous appris à faire dans la mise en œuvre de la différenciation pédagogique ? dans la mise en œuvre des différents projets personnalisés ?

Dans la présentation suivante, je me propose de revisiter la différenciation pédagogique et de pointer l’existant. Je me base dans cette analyse sur les réponses communiquées par les enseignants lors d’actions de formation. A gauche du schéma se trouvent les verbes qui décrivent les actions réalisées par les enseignants. A droite se trouvent les objets de différenciation et en bas les modalités.

Tous les verbes cités sont utilisés auprès de nos élèves, plus ou moins selon nos parcours et situations. Le verbe « étayer »  est plus particulièrement employé par les enseignants spécialisés.  Nous pouvons nous interroger sur le verbe « remédier » très présent dans les pratiques car il s’inscrit bien dans une logique de compensation et situe l’action pédagogique en AVAL des situations d’enseignement /apprentissage proposées. L’idée de conception universelle implique une recherche en AMONT des obstacles et devrait permettre une diminution de l’effet de remédiation qui est coûteux en temps.

Dans les objets de différenciation, les variables temps, supports, taches et exigences constituent les bases de la différenciation. Les supports sont différenciés en termes de police, lisibilité, longueur des exercices proposés; par contre ils sont peu diversifiés. ce sont les supports écrits qui sont largement employés. Les objectifs d’apprentissage sont peu différenciés. Or, c’est  un passage obligé. La CUA va poser comme principe majeur  de maintenir des exigences élevées pour tous et pour chacun. Ce qui veut dire développer l’excellence en chacun. Est-ce la même excellence pour chacun. La notion de participation devient alors essentielle. Ce qui compte c’est que dans l’activité proposée chacun puisse participer effectivement. Cela demande donc de distinguer les niveaux de maîtrise attendus de telle ou telle compétence: c’est une première façon de voir les choses ou bien d’analyser dans l’activité proposée les compétences de bas niveau de celles de haut niveau et de voir comment en lever trop de charge cognitive mise en jeu par les compétences de bas niveau. Ce qui est sûr c’est que cette lacune contribue à un flou sur ce que l’élève apprend réellement et entretient vis à vis des parents une forme de « leurre » . Dans le schéma sur l’analyse de l’activité la première question est :  » Qu’est-ce que les élèves vont apprendre ? » Celle-ci pourrait être complétée par une qualification plus particulière pour certains élèves ( 2, 3 maximum) . Enfin les démarches d’enseignement sont massivement basées sur une approche inductive. les démarches de projet très présentes en lycée professionnel et dans certaines disciplines sont peu employées en collège. Or celles-ci, permettent de relier les disciplines, de donner du sens. Cette désaffection interroge  ou du moins témoigne d’une vision étroite de l’éducation, restreinte et qui confirment les élèves les plus favorisés, capables de faire des liens entre les savoirs et accompagnés dans leur trajectoire scolaire.

Quant aux modalités de différenciation, la personnalisation est importante du fait des injonctions données et qui s’inscrivent dans « une logique du droit à… » pour les familles. Les pratiques de tutorat, de coopération, de plan de travail restent à la marge au collège et au lycée général. Elles occupent une place presque « normalisée » à l’école maternelle et élémentaire ainsi qu’en lycée professionnel.

Comment maintenant transformer ces pratiques pour les rendre plus accessibles ?

Dans la présentation suivante, je propose  de comprendre les grands principes de la CUA en 3 diapositives. Nous constatons alors notre difficulté à utiliser simultanément ou successivement les différents canaux de perception de l’information, de  restitution et de participation. Là aussi, le constat est celui de la prédominance du support écrit élargi à différentes formes visuelles, schémas, tableaux, cartes mentales…

Dans la diapo 3 sur la CUA,, le travail sur les attentes claires, la place de l’erreur et des instructions simples et décomposées est pratiqué par de nombreux enseignants. Par contre, nous voyons que la flexibilité, la modularité et la proposition d’activités simultanées différentes  reste un grand chantier à ouvrir et à généraliser. Ces 3 éléments posent en fait la question des contraintes de notre système, très normé, de nos organisations rigides et de l’architecture des salles de classe reposant sur une vision de l’enseignement très magistrale.

Enfin si la CUA ouvre un enrichissement de nos pratiques actuelles, la vraie question de l’accessibilité repose sur la mise en évidence des obstacles que vont rencontrer les élèves dans les différentes situations proposées. Cette mise en évidence des obstacles ne va pas de soi car elle se heurte aux évidences et au « Normalement, … ». C’est ainsi que la démarche d’analyse de l’activé constitue sas doute une possibilité  de transformer les pratiques en privilégiant la focale de l’activité. Une fois les obstacles trouvés, les aides deviennent des évidences pour les enseignants. Reste à s’autoriser la possibilité de proposer ces aides à tous !

Voir la présentation complète

Il nous faut donc relier état des lieux des pratiques actuelles, pistes proposées par la CUA et démarche d’accessibilité si nous voulons que la CUA ne soit pas le dernier gadget à la mode et perde sa vision prophétique des changements de logique qui doivent s’opérer si nous actons peu à peu une véritable école pour tous. 

Véronique Poutoux.10 février 2026

● AESH : le sénat rejette la proposition de loi

Sous la pression de la revendication de longue date de la CFDT et de l’intersyndicale (sauf FO) une proposition de loi, portée par la sénatrice socialiste Marie-Pierre Monier, prévoyait l’accès pour les AESH à un statut de fonctionnaire de catégorie B, avec une rémunération à temps plein et une véritable formation initiale. 
Examinée le 7 janvier 2026, la proposition de loi a été rejetée par la droite majoritaire au Sénat (Les Républicains, l’Union centriste et une partie du groupe Les Indépendants, République et territoires) appuyée par le gouvernement.

Les 145 000 AESH – qui constituent par leur nombre la deuxième catégorie de personnel de l’éducation nationale – travaillent à 98 % des cas à temps incomplet, donc à un salaire qui atteint moins de 1 000 euros net par mois. Mme Monier a rappelé qu’un tiers des AESH ont quitté leur poste entre 2020 et 2023. La création d’un statut aurait permis de « renforcer l’attractivité et la rémunération » du métier, mais aussi fidéliser ces personnes « devenues essentielles » à l’école inclusive. A la rentrée 2025, il manquait plus de 45 000 AESH pour accompagner les élèves, avec de fortes disparités selon les territoires.

suite à lire ici ou sur le site de votre syndicat préféré.

● Nous, les AESH, on ne parle pas aux parents

Nadia et Élodie, toutes deux AESH en école élémentaire, échangent autour d’une prescription qui semble avérée concernant le fait de parler aux parents. Toutes les deux n’ont pas la même approche et lors d’un entretien croisé, elles s’expliquent. Depuis plusieurs années, Frédéric Grimaud cumule des centaines d’heures d’entretiens avec des professeur.es des écoles.

Et dans votre établissement, est-ce que ce sujet a été abordé entre (tous) les interessés ?

Un court article du café pédagogique à lire ici