Outils

Sont présentés sur ces pages, une sélection d’outils aux formes et aux objectifs variés, tant pour l’enseignant, l’éducateur que le formateur…
Au delà de la simple circulation de l’information, nous voulons proposer une analyse et un regard critique sur nos pratiques d’inclusion.

. Le PAI, quoi de neuf ?

Le ministère publie une circulaire  sur le projet d’accueil individualisé pour raison de santé. La visée est de bien clarifier les bénéficiaires, les responsabilités, la mise en œuvre dans une démarche concertée pour que les jeunes ayant des difficultés  de santé puissent effectuer leur scolarité au mieux.

La scolarité des enfants et des adolescents atteints de troubles physiques (allergies, asthme, diabète, épilepsie, drépanocytose, leucémie, etc.) ou psychiques (troubles scolaires anxieux, troubles du comportement alimentaire, syndromes dépressifs, etc.) évoluant sur une période longue, s’effectue selon les règles en vigueur de l’École inclusive et dans le cadre du respect de l’obligation scolaire.

C’est par une réflexion d’ensemble et un travail en équipe associant tous les membres de la communauté éducative que les conditions optimales sont réunies. Le directeur d’école ou le chef d’établissement est responsable de l’application du PAI. Les personnels de santé et d’action sociale en faveur des élèves apportent, chacun dans leur domaine de compétence, toute l’assistance requise aux équipes éducatives.

La notion d’établissement d’affectation, les rôles des uns et des autres (Chef d’établissement, médecin, parents, jeunes et enseignants) sont définis à la fois dans l’étape de l’élaboration mais aussi dans le suivi. L’importance est donnée à une démarche concertée. Le PAI peut se combiner avec les différents projets pédagogiques PPRE, PPS ou PAP.

Le projet d’accueil individualisé pour raison de santé (PAI) est conçu et mis en œuvre dans le cadre d’une démarche concertée. Il s’agit de faciliter le parcours de vie en structure collective d’un enfant ou d’un adolescent présentant un trouble de la santé.

Il est élaboré avec le jeune et ses responsables légaux, à leur demande ou en accord avec eux et avec leur participation. Les personnels de santé de la structure collective explicitent la démarche aux familles en tant que de besoin. Le projet d’accueil individualisé définit les adaptations nécessaires pour faciliter l’accueil de l’enfant ou de l’adolescent au sein de la collectivité. Il indique, si nécessaire, les régimes alimentaires, aménagements d’horaires, les dispenses de certaines activités, dès lors que celles-ci sont connues, incompatibles avec sa santé et les activités de substitution qui seront proposées le cas échéant. Il fixe les conditions d’interventions éventuelles médicales ou paramédicales des partenaires extérieurs.

Le PAI est un dispositif compatible avec la mise en place d’un programme personnalisé de réussite éducative (PPRE), d’un plan d’accompagnement personnalisé pour trouble d’apprentissage (PAP) ou d’un projet personnalisé de scolarisation pour handicap (PPS).

Il appartient aux personnels de l’école ou de l’établissement de mettre en œuvre les conditions de la continuité de la scolarisation de l’élève, en particulier la transmission des documents pédagogiques par tout moyen, notamment numérique.

La circulaire concerne aussi l’articulation de la scolarité avec les temps péri-scolaires mais aussi les structures de la petite enfance et aussi les accueils collectifs de mineurs. Elle précise aussi les modalités pour la restauration scolaire et les voyages scolaires.

Le secret médical est bien affirmé pour ce qui concerne le diagnostic mais le partage d’informations utiles aux mises en œuvre des aménagements, des procédures d’urgence…  est possible avec l’accord des personnes concernées.

Projet d’accueil individualisé pour raison de santé. circulaire du 10 février 2021

. Être coordinatrice ULIS en lycée.

Nous avons pu avoir un entretien avec Aurélie D.H dont je retranscris ici les grandes lignes de notre échange. Son témoignage montre comment, sur le terrain et suivant les contextes, des évolutions positives sont lisibles et peuvent éclairer les actions possibles d’autres collègues, enseignants, coordinateurs, chefs d’établissement, inspecteurs… Nous découvrirons aussi les zones de questionnement qui demeurent.

En effet, Aurélie, professeur de lettres-anglais en lycée professionnel, est depuis 7 ans, coordinatrice d’un dispositif ULIS qui regroupe maintenant 3 lycées, offrant une palette assez large de CAP.

Au départ, elle travaille seule puis peu à peu, d’ajustements en ajustements, le poste va être clairement précisé par les autorités dans un dialogue constructif entre Aurélie et les chefs d’établissement, et sous l’impulsion de la conseillère technique ASH, qui a voulu uniformiser les pratiques au sein de l’Académie. Aujourd’hui, elle dispose d’une lettre de mission qui définit très clairement son travail en 3 axes :

  • Orientation fin de 3eme : Travailler avec les dispositifs ULIS des sept collèges du secteur pour préparer la sortie de 3eme et accompagner les parcours d’élèves qui pourraient bénéficier du dispositif ULIS. Elle participe aux ESS, rencontre les parents, les jeunes ; aide à la préparation des PPO pour les dossiers Affelnet. De même, elle donne une visibilité aux proviseurs de ces orientations en préparant un tableau de bord de ces suivis. Cela lui demande aussi d’aller rencontrer les coordinateurs des ULIS collè C’est plutôt de la période de la Toussaint à Noël que se réalise tout ce travail. Parfois, Aurélie a l’impression d’être “briseuse de rêves” dans une position réaliste face aux possibilités de poursuite d’études des jeunes concernés. Cette année sur 27 sortants, 4 vont sans doute aller en IMPRO et 23 en CAP.
  • Scolarisation en ULIS Lycée : il n’y a pas de regroupement en ULIS des élèves. Il s’agit d’aménager au niveau pédagogique le PPS de chaque jeune, de veiller à sa mise en œuvre par les enseignants. Cela demande de travailler régulièrement avec les professeurs principaux, les enseignants en fonction de leur demande, éventuellement en allant observer les élèves en classe. Aurélie travaille aussi avec les DDFPT ( anciens chefs de travaux). Le lien avec les AESH, et les 3 PIAL (pôle inclusif accompagnement localisé) est très important. Cela va de l’élaboration des emplois du temps des AESH à la prise en compte des questions rencontrées par les AESH avec les élèves accompagnés.  Peu à peu, un vrai travail d’équipe se réalise et devient de plus en plus efficace pour les jeunes et leur parcours de formation. Une collaboration étroite avec tous les enseignants référents (ERSH) du secteur est également effective.
  • Orientation post ULIS lycée : Ici se joue l’accompagnement du ” 2eme deuil” pour les parents. “ce ne sera pas un adulte ordinaire…” Entretiens individuels auprès des jeunes, recherche des solutions les mieux adaptées malgré le vide de structures ou de propositions pour les 18-20 ans… Au cours des 7 années, de nombreux partenariats se sont tissés et facilitent grandement les relations, une meilleure prise en compte des jeunes. Aurélie travaille aussi pour que tous les jeunes obtiennent la reconnaissance de travailleur handicapé, ce qui constitue une protection et une reconnaissance de droits.

 

Des phrases clés pour Aurélie : “Ne jamais prendre un collègue de front » ;

“Je fais du sur mesure » ; “veiller à ce que le projet soit cohérent” …

Des difficultés encore présentes qui peuvent décourager :

  • Les élèves auraient besoin de soutien scolaire, une aide au travail personnel… Un assistant pédagogique devrait être attaché à chaque classe de CAP. Cela compléterait l’action du coordinateur et des AESH… car les CAP sont devenus des classes pour EBP…ULIS ou non.
  • Il y a un vide “béant” pour faire suite au dispositif ULIS Lycée. Les jeunes reconnus en situation de handicap, qui ont entre 18 et 20 ans restent souvent sans proposition… Il faut alors proposer de faire un 2eme CAP en un an, chercher un apprentissage, un contrat professionnel en alternance. … Il y a là un risque de décrochage et de régression fort.
  • Les propositions faites aux élèves avec des troubles du spectre autistique ne sont pas en adéquation avec leurs profils. Ils réussissent bien dans les matières générales et se trouvent souvent dans des CAP qui ne correspondent pas du tout à leurs intérêts et compétences, uniquement car le faible effectif leur convient mieux.

Ce que nous pouvons retenir : le dispositif Ulis -lycées fonctionne vraiment comme une plateforme de propositions de formations. L’académie s’est engagée dans ce sens. Le rôle de l’enseignante est vraiment défini dans cette coordination et la positionne totalement comme personne ressource pour les proviseurs des collèges et des lycées, les enseignants, spécialisés ou non, les AESH, et les parents. Nous voyons aussi comment la stabilité et durabilité du dispositif permet d’entrainer les différents acteurs de l’éducation nationale et les différents partenaires. La construction d’un réseau de partenaires sur le terrain est primordiale et précieuse, pour éviter à tout prix la rupture de parcours.

Liste des CAP répartis sur le département.

. Les équipes éducatives. Renforcer la coopération parents, enseignants.

Le cercle d’étude académique “Grande pauvreté et réussite scolaire” de Montpellier, publie en lien avec ATD Quart monde, un livret à destination des équipes et des professionnels.
Cet outil a pour vocation d’être une aide à la réflexion et à l’action
pédagogique. L’attention particulière que les professeurs portent aux familles très démunies a pour effet d’interroger leurs postures et leurs pratiques professionnelles pour faire progresser tous les élèves.
Cette recherche est partie d’un constat, partagé par tous (parents et professionnels) de dysfonctionnements et d’insatisfactions lors d’équipes éducatives, et ce, même lorsque la confiance était établie entre l’enseignant et les familles.
Pour mener à bien ce travail, la démarche de “Croisement des savoirs et des pratiques© ”promue et expérimentée par ATD Quart monde a été utilisée. Cette démarche passionnante et fructueuse permet de croiser les savoirs d’expériences des parents (notamment les plus éloignés de l’école) et les savoirs d’actions des équipes et professionnels.

 

 

Pour ce faire, des temps de travail en groupes de pairs ( Parents, enseignants, autres professionnels) autour des difficultés rencontrées et de propositions à faire sont indispensables avant d’arriver aux échanges et partages entre les différents groupes, l’objectif étant de co-construire un outil à destination des professionnels (document rédigé et validé par tous les groupes)
La démarche, les réflexions partagées ainsi que les fiches actions en fin de document pourront être utiles aux équipes qui souhaitent améliorer cette coopération avec les parents, afin de favoriser pour tous une meilleure réussite scolaire.

Livret-Equipes-Educatives_ac-montpellier-ATD

• Le référentiel des compétences de l’enseignant spécialisé

Mise à jour de ce document qui a été vu plus de 60000 fois depuis sa mise en ligne en 2017, et partagé sur de nombreux sites institutionnels.

Ce référentiel vient en Annexe I de la Circulaire relative à la formation professionnelle spécialisée et au certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive (CAPPEI) publiée au BO n° 7 du 16 février 2017.

Il s’agit du Référentiel des compétences caractéristiques d’un enseignant spécialisé qu’il faut associer au Référentiel des métiers du professorat de 2013.
En effet l’enseignant spécialisé est un professeur du premier ou du second degré. Il maîtrise les compétences décrites par le référentiel de compétences professionnelles des métiers du professorat et de l’éducation (arrêté du 1er juillet 2013, annexe 1).

Le présent référentiel annexé s’inscrit donc dans la complémentarité de celui des métiers du professorat et de l’éducation.
Il décrit les compétences particulières et complémentaires attendues d’un enseignant qui accède à une certification spécialisée (le CAPPEI).

Il est conçu de telle sorte qu’il fait apparaître la spécificité des formes d’intervention des enseignants appelés à :

  1. Exercer dans le contexte professionnel spécifique d’un dispositif d’éducation inclusive.
  2. Exercer une fonction d’expert de l’analyse des besoins éducatifs particuliers et des réponses à construire.
  3. Exercer une fonction de personne ressource pour l’éducation inclusive dans des situations diverses.

Infographie : référentiel des compétences caractéristiques de l’enseignant spécialisé (format pdf)
à  voir aussi : Référentiel ens spécialisé + référentiel professorat

• Troubles DYS : outils et adaptations à l’école

En pratique, comment faire ?
Journée des Dys, organisée par la Fédération française des Dys

Les intervenants :  Michèle Mazeau, médecin de rééducation, spécialiste des troubles du développement cognitif chez l’enfant, en particulier les dys- et troubles spécifiques des apprentissages, et Géraldine Loty, professeure des écoles.

• Au JO du 18 décembre : formation initiale des enseignants

Le journal Officiel du 18 décembre publie le cahier des charges concernant la formation initiale des futurs enseignants à l’éducation inclusive.

Les compétences communes et professionnelles sont déclinées. En voici un extrait :

Nous y retrouvons de nombreux points sur lesquels nous travaillons. Nous remarquons encore la formule:” connaître les dispositifs et structures inclusifs” avec ce terme de structure qui reste problématique.

Le principe d’accessibilité pédagogique et didactique est posé. Cela demandera d’interroger les contenus de formation dispensés dans les domaines disciplinaires. L’observation et l’analyse des tâches trouvent une place dans ces compétences professionnelles décrites. Pour rappel, voici ce que nous avons souvent développé   sur ce que les enseignants devaient mettre en œuvre pour évoluer vers des classes de plus en plus inclusives.

 

A lire et à travailler certainement pour améliorer toujours et encore la formation initiale et continue des enseignants.

Le cahier des charges à lire.

 

• Équipes éducatives : comment les préparer ?

Ces réunions se sont généralisées toutes ces dernières années et c’est heureux . Cependant, ce sont des moments importants pour les parents, les enseignants et éducateurs. Certaines maladresses peuvent engendrer des  difficultés importantes  de compréhension mutuelle et peser sur le parcours futur de l’élève. C’est tout un savoir faire qui se construit avec l’expérience et qui nécessite  l’accompagnement des collègues plus chevronnés. C’est ici aussi que les enseignants spécialisés peuvent répondre de cette mission de personne ressource en produisant des outils, guides utiles à tous.  C’est donc ce que nous propose une collègue qui est actuellement en formation pour préparer le CAPPEI.

Voici ses documents. A vous de vous en inspirer, de vous les réapproprier sans doute. Merci à elle.

Le premier tableau concerne la première équipe éducative qui se réunit; ensuite un autre tableau est rempli, ce qui permet d’avoir un suivi partagé avec l’équipe et la famille.  

Tableau 1ère équipe éducative avec les questions à poser version 2019 2020

Tableau équipe éducative 2 et + avec les questions à poser version 2019 2020

Tableau réussites et difficultés cycle 1 2019 2020

Tableau réussites et difficultés cycles 2 et 3 2019 2020

• Oser la pédagogie active !

L’université catholique de Louvain publie le cahier N°13-2020 particulièrement intéressant pour définir ces fameuses pédagogies actives… “Oser la pédagogie active. 4 clés pour accompagner les étudiant-es dans leur activation pédagogique”. Car, il s’agirait plutôt de parler de pédagogie de l’apprentissage actif.

Le livret est conçu pour le  niveau universitaire mais il est tout à fait pertinent et intéressant à lire pour tous les enseignants et peut nous aider à nous interroger sur nos pratiques.  Sa lecture est facile tout en posant des principes connus  de nombreux enseignants mais ce  cahier a le mérite de formaliser une formule parfois “fourre-tout” derrière laquelle chacun peut mettre ce qu’il veut. Par exemple, travailler en plan de travail individualisé peut  contribuer à rendre actif l’apprentissage de l’apprenant mais peut aussi comporter des inconvénients dans l’isolement possible, le manque d’interactions et le rapport au sens de l’apprentissage en cours.

 

Et si la pédagogie active peut sembler aller de soi pour certains,  ce dossier peut fournir une belle base pour analyser ses pratiques replaçant au centre la question de l’activation cognitive. Ainsi les  manipulations souvent proposées à l’école élémentaire sont utiles certes, mais  peuvent seulement sembler mettre en activité les élèves, car si elles ne sont pas assorties d’une activation cognitive, elles ne suffiront pas pour que l’apprenant construise son apprentissage.

Le modèle ICAP ( mode interactif, mode constructif, mode actif , mode passif ) est très éclairant. Soyons attentifs à ne pas nous contenter des seuls modes passif et actifs ( en superficialité) qui constituent un des motifs d’une exclusion qui s’opère silencieusement dans nos classes et qui ne stimule pas assez les élèves à besoins éducatifs particuliers, les laissant dans leur zone  de répétition.

A lire et à réfléchir.

De plus le document est jalonné de QR codes qui renvoie à des capsules vidéos ou des approfondissements.

• Des parents invisibles : l’école face à la précarité familiale

Nous rappelons que l’école inclusive est une école qui tente de ne plus exclure et qui scolarise tous les enfants en répondant au mieux aux besoins de ceux qui pour quelque raison rencontrent des difficultés à l’école.

La précarité, grande précarité, renforcée par cette crise sanitaire est soit totalement présente dans les écoles, soit étrangement ignorée.

Dominique Glasman, propose dans la Revue française de pédagogie, un article qui répondra à de nombreuses questions de terrain sur ces “parents invisibles” que nous cherchons tant à rencontrer. Il propose l’analyse du livre de Pierre Périer “Des parents invisibles, l’école face à la précarité familiale.”(PUF 2019)

A lire, si nous voulons mieux comprendre ce qui se joue pour ces parents.

“Il s’agirait moins de former cadres et enseignants aux «techniques de communication» avec les parents qu’à l’analyse et la compréhension des positions, des logiques, dans lesquelles sont pris les parents, et en particulier ceux des milieux précaires. Ceux-ci souhaitent la réussite de leurs enfants et vivent souvent dans des conditions qui, en dépit des invitations, des appels ou des injonctions de l’école, rendent très difficile d’y répondre ; ils se sentent démunis pour le faire, et n’ont plus, pour se préserver, que la solution du maintien à distance, faisant d’eux des «parents invisibles».

L’article de Dominique Glasman