La DEEP publie en mars,une enquête statistique sur » Les conditions d’exercice des Accompagnants d’élèves en situation de handicap. »
De nombreuses données chiffrées sont révélées qui confirment le statut difficile de ces personnels. On peut constater aussi l’évolution en cours depuis la généralisation des PIAL ( Les PAS changeront-ils quelque chose ?) . En effet, la plupart suivent plusieurs élèves , seuls 12 % délivrent une aide individuelle. Elles sont à 94% des femmes vivant en couple et ayant en charge un enfant. Les trois quart exercent sur un lieu unique.
Voici un court extrait de l’introduction:
Le nombre de lieux d’exercice et d’élèves accompagnés constituent des facteurs importants de variation de leur vécu professionnel. Les AESH déclarent étendre leur activité au-delà des notifications d’accompagnement – documents officiels de la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) précisant les besoins des élèves dont la situation de handicap est reconnue administrativement. Ainsi, les AESH déclarent intervenir en pratique auprès d’un effectif d’élèves 1,6 fois supérieur en moyenne à celui faisant l’objet d’une notification.
Les trois quarts des AESH indiquent intervenir dans un lieu d’exercice unique. Les relations quotidiennes dans les écoles et établissements sont perçues comme très positives : moins d’une AESH sur dix rapporte un manque de respect dans ses interactions avec les élèves ou ses collègues.
En revanche, le sentiment de manque de reconnaissance sociale est fortement exprimé : à l’instar des enseignants (Ceesay et al, 2025), les AESH se disent peu valorisées socialement (85 %), tout en percevant une forte utilité de leur travail (85 %). La considération institutionnelle est jugée faible, et ce sentiment s’accentue vis-à-vis des échelons supérieurs, du niveau départemental au niveau ministériel.
Le métier d’AESH est associé à une charge émotionnelle importante : une sur quatre estime devoir cacher ses émotions ou faire semblant d’être de bonne humeur, une sur quatre déclare être en contact avec des familles en situation de détresse, et près de la moitié sont concernées par le fait de penser au travail dans leur sphère personnelle. Cependant, la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle apparaît comme un motif de satisfaction : neuf AESH sur dix déclarent ne pas dépasser significativement leur temps de travail prévu de 25,5 heures hebdomadaires, qui s’approche du temps de scolarisation des élèves. Ce métier les expose également à certaines formes d’atteintes, notamment physiques (coups, bousculades, blessures), plus fréquentes que pour les autres personnels (9 % contre 3 %).
Leurs constats rejoignent ceux des autres personnels des écoles et établissements scolaires, qui considèrent majoritairement que la réalisation de la mission d’accompagnement des élèves à besoins éducatifs particuliers nécessiterait davantage de moyens humains et une meilleure formation : plus d’un tiers des AESH (36 %) estiment avoir besoin de davantage de collègues pour exercer correctement leur métier. Environ la moitié évoque un manque de fournitures et d’espaces adaptés.
Les besoins en formation apparaissent également importants.
Des données objectives à consulter: https://www.versunecoleinclusive.fr/wp-content/uploads/2026/04/les-conditions-d-exercice-des-accompagnantes-et-accompagnants-d-l-ves-en-situation-de-handicap-481235.pdf