• A nous tous éducateurs, parents, enseignants…

A nous tous éducateurs, parents, enseignants… deux questions essentielles : Aimons-nous assez le monde ? Aimons-nous assez nos enfants ?

Il nous faut naviguer en plein brouillard dans cette période où le sentiment d’exclusion engendre colère et violence, où les réformes proposées ne sont pas vraiment lisibles et génèrent beaucoup d’angoisse chez les élèves, leurs familles, chez les enseignants et les équipes de direction. Comment rester confiants, engagés pour transformer les pratiques éducatives et pédagogiques avec les acteurs de terrain pour une école qui travaille à un vivre et apprendre ensemble et différents ? Comment continuer à aimer le monde dans lequel nous vivons ?

Les fossés entre les uns et les autres sont réels et conséquents… Des tranchées de la grande guerre  de 14/18 dont nos grands parents témoignaient, dans toutes leurs lettres, de l’atrocité vécue et de l’amour de leur famille et de la patrie, nous voilà à regarder en direct toutes ces explosions de violence dans nos villes qui opposent gilets jaunes, casseurs, et forces de l’ordre. Nous voilà pris à écouter des débats stériles qui montrent les clivages entre les élites politiques et technocrates, et les partisans d’un nouveau modèle économique qui concilie justice sociale, équité et  soin de notre planète. Nous voilà glacés sur place des images d’attentats diffusées en direct. Les hommes et femmes abattues le sont réellement. Nous sommes donc bien dans une guerre des exclusions, des uns contre les autres… Quand se retourneront tous ces dos à dos qui n’arrivent plus à se parler ? Jusqu’où irons-nous dans cette folie  de séparations , dans l’ouverture de toutes ces blessures  des différentes exclusions activées, réactivées, dans la multiplication de propos menaçants, diffamants…

Les macro systèmes, les institutions ne  jouent plus leur rôle de garantir un vivre ensemble. Faut-il y voir l’achèvement d’une société individualiste, de consommation, qui ne sait plus donner un sens à cette vie ?

Comment avoir une parole qui concilie, qui permette que la recherche du bien commun, la préservation d’un vivre ensemble assis sur une altérité devenue mature soit le moteur d’un projet de société à inventer ? Dans un projet pour les citoyens du monde que nous sommes appelés à être ?

Qui pense dans ce magma si confus à ce que ressentent, comprennent et vivent tous ces enfants, ces adolescents ? Que voient-ils de nos comportements adultes ? Quels impacts sur ce qu’ils sont entrain de construire ? Hannah Arendt écrivait  dès 1954 dans son ouvrage, la crise de la culture,

L’éducation est le point où se décide si nous aimons assez le monde pour en assurer la responsabilité et, de plus le sauver de cette ruine qui ne serait inévitable sans ce renouvellement et sans cette arrivée de jeunes et de nouveaux venus. C’est également avec l’éducation que nous décidons si nous aimons assez nos enfants  pour ne pas les rejeter de notre monde, ni les abandonner à eux-mêmes, ni leur enlever leur chance d’entreprendre quelque chose de neuf, quelque chose que nous n’avions pas prévu, mais de les préparer à la tâche de renouveler un monde commun.

A nous tous éducateurs, parents, enseignants, elle nous pose deux questions essentielles: Aimons-nous assez le monde ? Aimons-nous assez nos enfants ? Il semble bien qu’aujourd’hui, nous n’aimions plus notre monde, nous sommes désemparés… Nous aimons nos enfants  et si le renouvellement de ce monde commun apparait bien comme l’urgence actuelle, comment alors les préparons-nous à cette tâche?  Si nous aimons suffisamment nos enfants, pouvons-nous protéger les plus jeunes de ces images ? Pouvons-nous dialoguer avec nos adolescents ? Pouvons-nous parler entre nous du sens que nous voulons donner à notre vie pour mieux aimer le monde ? Donnons- nous à vivre dans les lieux où nous sommes, d’autres exemples de projets partagés riches de nos diversités, justes et équitables ? Ces communautés de vie qui  sont actives dans de nombreuses écoles sont des lieux qui réconcilient l’amour du monde et l’amour des enfants, qui  ouvrent des possibles d’avenir. Elles sont des lieux qui n’abandonnent pas les enfants à eux-mêmes, qui leur apprennent à entreprendre  ensemble du beau, du neuf. Elles sont des graines d’espoir dans ce paysage si meurtri, graines d’espoir pour un renouvellement du monde.

Véronique Poutoux, rédactrice en chef, 12 décembre 2018.

• Dossier IFÉ : Que fait le corps à l’école ?

L’institut français de l’éducation publie ce dossier : Que fait le corps à l’école ?

L’éducation inclusive vise une éducation globale de la personne et de tous les élèves, aussi interroger la place du corps, particulièrement, lors de cette transformation importante que représente l’adolescence est essentiel.

A lire : Que fait le corps à l’école

• Vous avez dit Accessibilité !

Cette notion d’accessibilité si présente dans la loi du 11 février 2005 a bien du mal à se réaliser pleinement pour ce qui concerne le bâti, les transports, la mobilité… Elle ne peut se décliner sans l’associer à la notion de participation. En fait il s’agit bien de rendre l’environnement accessible pour que les personnes puissent accéder aux services de droit commun, à la vie de la cité.

En ce qui concerne l’accessibilité pédagogique, l’expression est utilisée mais elle renvoie souvent  aux adaptations et compensations proposées au sein des classes. Il nous semble que cette notion doit s’approfondir et prendre en exemple  la recherche des obstacles qu’effectuent les architectes ou urbanistes  pour nos cités. Je vous propose un document qui explique et propose une vision de l’accessibilité  qui s’inscrit vraiment dans une logique environnementale. Elle quitte la logique médicale et catégorielle.  Il s’agit ici de considérer chaque situation d’enseignement/apprentissage dans une recherche de participation de tous aux activités proposées et d’analyser les mobilisations des différentes ressources individuelles et collectives qui vont permettre de résoudre, réaliser ce qui est proposé.

A tester:  Définir l’accessibilité pédagogique

• Les pratiques collaboratives

Nous avons de nombreuses fois montré que les pratiques de collaboration entre les enseignants et entre les enseignants et  les différents professionnels et partenaires faisaient partie intégrante de l’établissement inclusif. Pour autant, au delà d’une volonté souvent partagée, la mise en oeuvre ne va pas de soi et se heurte à différents obstacles personnels, organisationnels…

Le CRIRES de l’université de Laval nous livre une étude sur ces pratiques collaboratives en milieu scolaire. Ce document écrit par Claire Beaumont, université de Laval, Josée Lavoie, université de Sherbrooke, et Caroline Couture, université de Québec-Trois Rivières, nous propose ainsi un cadre de référence pour la formation.

Si l’analyse liée aux collaborations avec les services d’aide et avec les services complémentaires à l’école doit être adaptée à notre réalité française, pour autant la définition des pratiques collaboratives, les changements et les compétences mises en jeu et à développer nous  seront très utiles pour comprendre les points de difficultés, appréhender aussi des méthodologies de travail.

A lire donc: guide_pratiques_collaboratives

 

• Comprendre les troubles de l’apprentissage

York Region, District School Board a mis à disposition ce tableau de compréhension des troubles des apprentissages en privilégiant l’entrée « habiletés »( Phonologie, langage, habiletés visuo- motrices, et visuo-spatiales) et les conséquences lorsqu’elles deviennent « disabilities ». Ensuite  nous sont proposées différentes stratégies possibles. Une autre manière de voir ces différents troubles.

A consulter: LearningDisabilities_Chart_French_v1

• Écoutons Jean… qui nous parle de son trouble

Il s’agit toujours de mieux comprendre ce que ressent l’autre, ce qu’il vit, ce qui se passe en lui… Munis de ces nouvelles compréhensions, la relation peut devenir plus facile. Alors nous voyons bien quelles sont nos ressemblances et aussi nos différences… Ce que chacun avec ces particularités peut apporter, peut interroger…

Merci Jean d’avoir ainsi préparé cet exposé pour expliquer  d’abord à un de tes camarades ce que tu vivais… Cela a servi à tous tes camarades, à tes enseignants et aussi  à d’autres enseignants, d’autres parents, d’autres enfants.

A voir : Jean nous parle du trouble de l’attention avec Hyper activité

• Une matinée de réflexion avec des enseignants, des parents sur l’école inclusive.

Une belle occasion de réfléchir ensemble sur les évolutions qui nous ont conduit de l’enseignement spécialisé à l’école inclusive avec des enseignants d’école, de collège, des parents de la région d’Orléans.

Voir la vidéo :https://www.youtube.com/watch?v=JjuAllDFCA0&feature=youtu.be

• Option Langue des signes et projet culturel

Depuis 3 ans, une option Langue des Signes Française a été ouverte pour les élèves de 1ère et de terminale au lycée Assomption Bellevue, La Mulatière.

Au rythme de 2h par semaine, sur un cursus de 2 ans, un petit groupe d’élèves (entre 10 et 12) est formé aux bases de la LSF[1] (Niveau A2 du CECRL[2]).

Cela leur permet de présenter l’option facultative de LSF au baccalauréat et ainsi de gagner de précieux points qui peuvent faire la différence.

Mais au-delà de la rentabilité en termes de points, c’est surtout la dimension humaine et culturelle qui motive les élèves.

Grâce à la LSF, ils découvrent un monde dont ils ignoraient l’existence, celui des personnes Sourdes. Elles sont là, pourtant, parmi nous, nombreuses à Lyon, mais invisibles, tout comme leur différence qu’elles n’aiment pas qualifier de « handicap ». Plus qu’une langue, les élèves sont amenés à découvrir l’identité d’un peuple, qui s’est forgée autour de leur histoire et de leur culture

Dans le cadre de cette option, un projet artistique, linguistique et culturel est mené depuis 2 ans avec le groupe des terminales : Il s’agit de réaliser un clip de « chantsigne ».

Le chansigne est une forme d’expression artistique qui consiste à exprimer les paroles d’une chanson traduites en langue des signes au rythme de la musique de cette chanson. Dans ce projet, les élèves choisissent ensemble une chanson, en traduisent le texte, ils se mettent en scène, filment et montent un clip vidéo de leur travail.
Le projet a été réalisé par Madame Carole Chabannet, professeur documentaliste au Lycée Assomption Bellevue, avec les élèves qui ont choisi cette option.

Voir leurs premières réalisations :

Bravo à tous et merci aux artistes qui ont accordé leur autorisation pour l’utilisation des enregistrements musicaux !

[1] Langue des signes française

[2] Cadre Européen commun de référence pour les langues. Niveau A2 : débutant, communication simple.

L’école de la confiance, c’est par ici !

Il y a les discours des hommes, des femmes politiques sur l’école qui sont bâtis sur leur propre histoire scolaire qui induit leur propre conception de l’enseignement, sur leurs positions idéologiques liées à leur appartenance politique et leur souci toujours présent d’être compris. Concrètement, comment comprendre l’école , développer une vision  d’avenir et d’ajustement aux problématiques rencontrées, lorsque le passé scolaire de nos responsables politiques  n’a pas de passif, ni ne les ont conduit à être exclus du système scolaire ?

Pour certains, c’est si simple de faire cours, il suffit d’avoir de l’autorité, c’est le charisme de la personne qui intervient alors.

Pour d’autres, c’est si simple  de faire cours, il suffit de faire autorité ! C’est alors la maitrise du contenu qui suffit et répondra de toutes les situations ! Et pourtant ces deux dimensions, sans conteste essentielles, ne suffisent pas, et les enseignants  de nos écoles, collèges et lycées le savent bien. La tentation, nous la voyons actuellement complétement à l’œuvre, consiste à s’allier aux discours scientifiques et technologiques pour légitimer les politiques éducatives.

Comme ce serait rassurant de définir une école qui pourrait fonctionner comme une entreprise et éditer tous ces critères de rendement et d’efficacité qu’il suffirait ensuite de valider !

Comme ce serait rassurant de définir toutes les méthodes à suivre à la lettre par les enseignants, parce que les responsables politiques s’appuyant sur des connaissances scientifiques , qu’ils transforment pour la circonstance en données définitives, dicteraient les pratiques pédagogiques sans qu’aucun d’eux ne se soit essayé à tenir une classe d’enfants de maternelle plus d’une heure !

Pour le moment, il n’y a rien de rassurant que ce sentiment diffus de propositions  qui ne sont pas toujours fondées, de réformes qui se succèdent au gré des changements politiques et mettent bien à mal les acteurs et les usagers de l’école.

Comment penser que  l’humain, et l’éducation puissent se résoudre en protocoles ? Non,  le métier d’enseignant est bien situé dans l’observation, la recherche qualitative et créative de nouvelles propositions, de nouveaux chemins d’accès aux savoirs. Si les neurosciences cognitives nous fournissent des clés de compréhension dont nous ne  disposions pas, il y a encore quelques années, elles ne contiennent pas à elles seules tous les paramètres d’une progression d’un apprentissage à conduire auprès de 25 à 30élèves différents. Ce que ne disent ni les responsables politiques, ni les discours médiatiques, c’est la vie quotidienne de toutes ces classes, de tous ces élèves, de tous ces enseignants et de tous les acteurs de l’école qui travaillent à améliorer le climat scolaire, à mettre en œuvre des pratiques de coopération, à prendre en compte les besoins spécifiques de certains élèves ; qui  préparent consciencieusement les activités à proposer pour « accrocher » le désir d’apprendre ensemble , de réussir ensemble sans laisser personne de côté. De plus en plus d’enseignants, sont bien en prise avec le réel des classes, les défis qu’ils ont à relever et qui rendent le métier passionnant quand on le connaît de l’intérieur.

Nos élites politiques maintiennent, à leur avantage, le  paradoxe entre la vision d’une école élitiste ( qui permet de dégager l’élite) et la vison d’une école égalitaire, sans avoir compris que l’école inclusive, telle que nous la définissons,  travaille au développement de tous les potentiels et surtout ne produirait plus autant d’élèves exclus , ne favoriserait pas des sociétés à plusieurs vitesses. La superbe complexité qui nous est donnée dans une mutation si polymorphe devrait nous obliger à poser un vrai projet collectif d’éducation globale qui donne la direction, qui ferait « confiance » vraiment aux acteurs du quotidien et qui mettrait en œuvre des dispositifs d’accompagnement des équipes travaillant avec elles à partir de leurs questions rencontrées.

C’est peut être ainsi que pourrait se construire « l’école de la confiance « pour notre pays ?

Mais déjà, ici et là, cette école existe parce que des équipes, confrontées à des défis qu’elles voulaient relever, ont monté des projets d’alliance éducative, de recherche pédagogique, de créativité. Ces écoles avancent sans faire grand bruit avec cette passion à enseigner, cette joie de la présence auprès des élèves et du travail mené ensemble, ce désir de transformer leurs vieilles salles de classe et de dépoussiérer leurs formats pédagogiques.

Véronique Poutoux, rédactrice en chef, le 18 octobre 2018.

 

Photo prise à l’atelier des Lumières Paris . Exposition/Immersion dans Hundertwasser.

• Co enseignement Mathématiques, Ulis en collège

Je suis enseignante en mathématiques depuis de nombreuses années et coordonnatrice ULIS depuis 5 ans.

La question suivante m’a servi de fil rouge :

« Lorsque des jeunes arrivent en sixième tout en bénéficiant du dispositif ULIS, quelle est la meilleure façon d’organiser pour eux l’enseignement en mathématiques ? Afin que ces élèves améliorent leur efficience, renforcent leur apprentissage, tout en étant considérés comme des collégiens à part entière…./ …

Lire  Co enseignement Maths Ulis