Archives de l’auteur : Véronique Poutoux

● Dynamique inclusive pour 2026 !

L’année 2025 a permis de célébrer les 20 ans de la loi « Pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. » Ce fut l’occasion de relire les pratiques, de dresser un bilan bien mitigé des avancées et des stagnations, de mettre en lumière de nombreux projets qui articulent monde scolaire et monde médico-social, de constater aussi l’épuisement des équipes au quotidien face aux exigences contradictoires d’appartenance sociale et de sur personnalisation, d’affirmations inclusives et de moyens en diminution…

Tout cela nous conduit à penser qu’une nouvelle dynamique inclusive doit de plus en plus voir le jour pour que le droit de tous les enfants à être scolarisés soit respecté et s’exécute dans les meilleures conditions.

Pour cela, il nous faut donner plus de place à la logique environnementale et à celle du droit à participer. 

Les chantiers à poursuivre ou à ouvrir sont les suivants :

– Les pratiques pédagogiques liées à la personnalisation des parcours ont été modifiées, invitant les enseignants à un autre regard, à adapter les supports, les exigences, les tâches parfois. Il nous faut capitaliser ces savoirs d’expérience et aller maintenant vers une accessibilité des situations pédagogiques, c’est à dire , concevoir en amont les obstacles et proposer des aides pour tous. La conception universelle des apprentissages,( ou des enseignements)  prend en compte toutes les diversités de percevoir, de comprendre et de restituer , créant ainsi de nombreuses possibilités d’accéder aux situations d’enseignement/apprentissage proposées. Elle nous invite à concevoir en amont ces différentes possibilités et à les proposer à tous. Un vrai changement dans nos représentations est à l’œuvre. Il  ne s’agit plus de seulement regarder les difficultés ou les troubles de tel ou tel élève mais bien d’assurer un environnement pédagogique accessible à tous. 

– De nouvelles collaborations entre les établissements spécialisés et les établissements scolaires vont se développer, inaugurant des projets locaux qui demanderont audace et  responsabilités nouvellement articulées. Les Pôles d’appui à la scolarisation seront, nous l’espérons, un maillon essentiel dans cette reconfiguration. Espérons aussi que les clivages , parfois idéologiques ou institutionnels sauront se taire pour faire place aux projets qui donnent la première place aux enfants, adolescents et à leurs familles. Cela sollicitera beaucoup de créativité et de ténacité pour lever les « barrages » administratifs  qui cloisonnent sans cesse et limitent plus que nécessaire les chemins nouveaux qui demandent à être ouverts.

Il y a des choix à opérer qui relèvent d’un projet de société:

– Voulons-nous vraiment une société inclusive  qui donne les moyens à son école de scolariser tous les enfants ?
– Sommes nous prêts à  refonder et les programmes, les savoirs à enseigner et la forme scolaire ?
– Entre école élitiste et école de tous pour tous, il faudra bien nous interroger sur la poursuite ou non de ce paradoxe.

Comme une croisée des chemins, il nous faudra choisir sous peine de nous perdre et de décourager les équipes enseignantes, les familles ?

Tout cela ne peut se faire sans redonner des marges d’initiative aux acteurs de terrain en les assurant d’une réelle confiance en leurs expériences et en la force des équipes.

● Un récap de l’année 2025 !

L’année 2025 a permis de célébrer les 20 ans de la loi du 11 février…

Si nous nous accordons à dire que cette dernière a produit de nombreux changements dans les représentations,  dans les pratiques pédagogiques, il n’en demeure pas moins qu’une nouvelle dynamique inclusive doit se déployer plus respectueuse des droits de tous les enfants à être scolarisés dans les meilleures conditions.

Handicap. Fr propose un récap, mois par mois. A visionner

● Mieux comprendre les personnes avec TSA

Mieux comprendre les personnes avec des troubles du spectre autistique, sans les enfermer  dans leur symptôme.

Tout d’abord un visuel très clair , réalisé par Anthony Godin, qui décrit bien les possibles manifestations et difficultés rencontrées par des élèves porteurs de TSA et qui montre la diversité des profils ainsi que les points d’attention à porter en classe et pour les apprentissages.

Et deux articles parus récemment sur Linkedin peuvent être utiles. Ils  attirent notre attention sur le vécu intérieur des personnes avec des Troubles du spectre autistique, le sens que peuvent prendre le maladaptative daydreaming et les autostimulations.

Tout d’abord le « Maladaptative daydreaming »

Le maladaptive daydreaming chez les personnes autistes : comprendre pour mieux respecter

Le maladaptive daydreaming est une immersion profonde et répétée dans l’imaginaire.
Ce n’est pas simplement “rêvasser” quelques minutes. Ce sont parfois des heures passées dans des scénarios très détaillés, émotionnellement intenses, difficiles à interrompre.

Ce n’est pas un diagnostic officiel aujourd’hui, mais c’est une réalité vécue par de nombreuses personnes, notamment autistes.

Chez certaines personnes autistes, ce mécanisme peut devenir un besoin vital.

Voir sur https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7403723208627036160/

Et les « STIM » publié par Alexandra Sturer, comportements auto stimulatoires.

● Quels mots employer pour parler du handicap ?

Quels mots employer pour parler du handicap ? L’ONU publie des lignes directrices pour nous guider. A lire.

Voir aussi les annexes qui pourraient être diffusées auprès des enseignants.

Annexe 1

Annexe 2

Dans nos établissements, portons une vigilance particulière . AInsi évitons de dire « les BEP », « les ULIS »… Non seulement, les élèves ont disparu mais même les personnes qui deviennent ainsi des objets catégorisés. Par souci d’économie verbal, sans vouloir faire mal, nous utilisons ces expressions. Mettons davantage de conscience dans nos paroles afin de rendre effective la dignité de chacun.

● Retour sur le sondage  » Vous et la loi de février « 

Enfin, vous trouverez ci-dessous le recueil des réponses et l’analyse que j’en propose. Merci à tous ceux et celles qui ont pris ce temps. Votre parole a toute son importance.

Que retenir ?

  • Le sondage analyse l’impact de la loi de février 2005 sur l’école inclusive, en mettant en avant trois évolutions majeures : la présence accrue des AESH, l’augmentation du nombre d’élèves en situation de handicap et les aménagements aux examens.
  • Les principales difficultés rencontrées sont le manque de moyens (notamment d’AESH), la formation insuffisante des enseignants, la surcharge des classes, ainsi que des difficultés dans la différenciation pédagogique et la cohérence institutionnelle.
  • Les axes d’amélioration prioritaires identifiés sont : réduire le nombre d’élèves par classe, renforcer la formation initiale et continue des enseignants, rendre les pratiques pédagogiques plus accessibles, et repenser le rôle des aides humaines dans une logique inclusive.
  • Le document souligne également la nécessité de passer d’une logique de compensation individuelle à une approche environnementale, où l’école devient le lieu de vie ordinaire pour tous les enfants, tout en articulant au mieux les ressources spécialisées avec celles de l’école.
  • Enfin, il met en avant le besoin d’une cohérence politique et d’une transformation profonde du système éducatif pour répondre aux enjeux de l’école inclusive aujourd’hui.

A lire Réponses et Analyse

et le recueil « brut » des réponses

● Parcours scolaire des jeunes placés à l’ASE ?

Aide sociale à l’enfance…
(…)
Le parcours scolaire des jeunes placés est chaotique. Autre forme de vulnérabilité d’apprendre qui demande aussi de prendre soin de ces jeunes et de mieux travailler avec l’aide sociale à l’enfance. De plus « Les situations de handicap sont sept fois plus fréquentes chez les jeunes placés que dans la population générale des 15-19 ans, avec 10 % d’entre eux concernés contre 1,2 % en moyenne ». « 8 % des jeunes placés sont accompagnés par des structures médico-sociales, contre 1 % dans la population générale », ce qui complique d’autant plus leurs parcours. »
(…)

Article à lire dans le café pédagogique 

● Aménager une salle de classe inclusive

Voici une fiche guide pour penser l’aménagement d’une salle de classe répondant aux besoins de sécurité, de bien être et d’accés pour tous.

Des idées assez simples auxquelles il faut toutefois penser, mais qui ne sont pas toujours réalisables dans les anciens locaux parfois contraints en termes d’espace.

Voir la fiche 

● Le guide du FALC

Publié par nos amis belges, ce guide reprend l’origine et les grand sprincipes du FALC, FAcile à Lire et à Comprendre. De nombreux exemples sont donnés. Cette piste est à creuser et à mettre en œuvre pour des élèves  en grande difficulté de lecture.
Mais comme tout ce qui concerne l’accessibilité universelle, cela peut aussi etre utile à tous !

Le guide sur falc.be 

● Conception universelle de l’enseignement

Dans un entretien avec Sylvie Cèbe, réalisé par Patrick Picard et Régis Guyon, celle-ci retrace de façon éclairée le parcours réalisé depuis l’UDL, Universal design for learning, jusqu’à ce qu’elle préfère nommer la conception universelle de l’enseignement, (et non CUA, conception universelle de l’apprentissage !) car la démarche ne cible pas directement les élèves mais interpelle les enseignants sur la conception même des activités proposées. Il s’agit en effet
 » plutôt que de multiplier les adaptations pédagogiques spécifiques et les remédiations personnalisées (souvent couteuses et peu efficaces), de concevoir dès le départ un enseignement accessible à tous et toutes. Cette démarche implique d’anticiper les obstacles potentiels que des élèves pourraient rencontrer identifier ensuite les moyens de les contourner ou de les réduire en amont. »

Elle rend compte dans cet article du travail mené en formation. Elle pointe l’importance de l’analyse de l’activité cognitive en jeu et des charges pouvant être contenues dans une séance didactique :
– la charge extrinsèque, celle liée aux informations, aux détails inutiles
– la charge intrinsèque, » liée à la difficulté de la tâche et à l’intelligibilité des informations à traiter pour la réaliser »
– la charge essentielle « liée à l’apprentissage lui-même ».

IL s’agit donc de diminuer autant que possibles les charges intrinsèques et extrinsèques pour accorder la priorité à la charge essentielle. D’où l’importance de l’analyse des activités proposées et particulièrement des savoirs qui sont en jeu dans cette séance.

Sylvie Cèbe insiste sur l’importance de guider les enseignants dans ce travail de conception.

Voir l’article