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• Dossier de veille IFÉ. Apprendre (dans) l’école inclusive

L’IFÉ ( Institut français d’éducation) offre un numéro très intéressant et très actuel sur les liens entre Apprendre et école inclusive. D’où ce titre avec ce “dans” entre parenthèses qui pose un vrai questionnement.
Aujourd’hui, il n’est plus seulement question de socialisation mais de participation et de construction des apprentissages en s’appuyant à la fois sur une personnalisation du parcours mais en développant aussi une approche collaborative et du co-enseignement.
Catherine Reverdy en est l’auteure.

Voici le résumé de cet excellent dossier :

“L’école inclusive telle qu’elle est présentée dans les textes internationaux a vocation à faire accéder tou.te.s les élèves à une éducation de qualité dans leur école ou leur établissement de secteur. Souvent traduite dans les faits par la scolarisation des élèves en situation de handicap, elle recouvre en réalité toutes les manières possibles, pour les systèmes éducatifs, de répondre à l’ensemble des besoins éducatifs des élèves, quels qu’ils soient.
Ce Dossier de veille de l’IFÉ apporte des éclairages historiques et conceptuels sur les termes souvent confondus d’adaptation, d’intégration, d’inclusion et d’école inclusive, notions dont l’usage est très dépendant des contextes nationaux. Il présente l’exemple de l’Italie, qui sert souvent de modèle aux politiques éducatives françaises sur le sujet, un pays qui a engagé dès les années 1970 une prise en charge du handicap directement dans les écoles. Côté français, depuis le début du XXe siècle, les histoires du traitement à l’école du handicap et des élèves en difficulté sont entremêlées et se partagent entre plusieurs ministères, si bien que les élèves à besoins éducatifs particuliers sont actuellement pris en charge sur plusieurs lieux, où se croisent des cultures professionnelles très différentes.
La mise en œuvre de l’école inclusive dans les classes reste donc difficile, parce qu’elle entraine une coopération indispensable entre des intervenant.e.s ayant chacun.e des représentations et un regard particulier sur les élèves et leurs besoins, dévoilant l’équilibre toujours fragile entre l’intérêt collectif de l’école inclusive et les intérêts parfois divergents d’élèves toujours singuliers.”

Le dossier 127/ janvier 2019.


• L’école inclusive est une école de la coopération

Nous employons souvent cette expression: l’école inclusive est une école de la coopération. Il nous faut préciser qu’il ne s’agit pas uniquement d’une invitation à exercer les compétences ainsi sollicitées pour les élèves. Ne faut-il pas avant tout que les enseignants les développent aussi pour ensuite concevoir des formats pédagogiques coopératifs ?

Or plusieurs freins existent en ce domaine:

  • des représentations encore existantes qui au nom de la liberté pédagogique ne permettent pas de voir que le métier enseignant ne peut plus être solitaire
  • Des difficultés organisationnelles liées aux emplois du temps, particulièrement présentes au collège et au lycée.
  • Des difficultés dans la configuration de l’espace scolaire pour qu’une équipe enseignante( disciplinaire, par classe, par niveau; éducative..) puisse se réunir dans de bonnes conditions.
  • Une méconnaissance des méthodes de travail car coopérer cela s’apprend et si la personne ne tire pas de bénéfice pour elle-même, elle risque de se décourager.

Dans le cadre de la prise en compte des élèves ayant des besoins éducatifs particuliers, que ce soit dans le cadre d’un dispositif Ulis, ou dans le cadre des suivis individuels au sein des classes, ce travailler ensemble est indispensable. Car il permet de croiser les regards, d’échanger des adaptations proposées aux élèves, de réfléchir ensemble aux objectifs possibles à proposer et aux moyens à mettre en œuvre.

L’IFE met en ligne un “Edubref” très utile en ce sens et qui reprend ces éléments et donne aussi des idées pour mettre en place ces pratiques de coopération pour les enseignants.

A lire donc : Travailler ensemble pour mieux enseigner.

• Neuroéducation et sciences cognitives

Une journée organisée par Canopé Lille, le 2 février prochain.

Au programme :
Conférence de Nicole Bouin, dplômée en sciences de l’éducation et en psychologie cognitive.
De quoi parle-t-on : neurosciences, sciences cognitives, neuroéducation. Pourquoi un tel engagement ? Une révolution ? Quels liens entre sciences cognitives et pédagogie ?

Ateliers

  • Introspection cognitive et mémorisation
    Exercez-vous à l’introspection cognitive et à la mémorisation. Ces exercices sont transposables en classe en adaptant les supports.
    Nicole Bouin, diplômée en sciences de l’éducation et en psychologie cognitive.
  • Apprendre à être attentif…Tout un programme 
    En référence au programme d’éducation à l’attention « ATOLE, attentif à l’école », de J.- P. Lachaux, découvrez points théoriques et séquences du CP à la 6e.
    Bénédicte Dubois, responsable de formation à l’IFP sur le secteur éducation inclusive.
  • Fonctions exécutives et élèves à besoin éducatif particulier : analyse des besoins et adaptations des pratiques
    Amandine Buvry, conseillère pédagogique.
  • Jeux et situations permettant d’activer et consolider les fonctions exécutives aux cycles 1 et 2
    Delphine Bédu, enseignante.
  • Jeux et situations permettant d’activer et consolider les fonctions exécutives au cycle 3 
    David Ducrocq, conseiller pédagogique

Pour s’inscrire et choisir ses ateliers :
https://www.reseau-canope.fr/service/neuroeducation-et-sciences-cognitives.html

Attention : il est nécessaire de s’inscrire à la conférence puis à chacun des ateliers indépendamment.

• Retour sur le colloque “Ensemble! Regard international sur l’éducation inclusive”

J’ai pu participer à cet événement qui s’est déroulé en octobre à la cité des Sciences et de l’industrie à Paris. Je vous livre ici les points qui ont retenu mon attention dans ces comparaisons internationales et les prises de paroles  des politiques et des acteurs engagés.  De quoi encourager notre travail au quotidien.

Retour sur le colloque

• Les AVS au JO

Non, pas aux jeux olympiques mais au journal officiel !

Le texte mis à jour par décret le 27 juillet 2018 fixe les conditions de recrutement des accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH).
Ce texte devrait concerner les 10900* “nouveaux” emplois (CDD ou CDI) qui viendraient se substituer plutôt que s’ajouter aux emplois d’AVS sous contrat CUI ou PEC**, contrats limités à 2 ans.
On pourra regretter que le nombre de ces emplois n’augmente pas de  façon significative par rapport aux attentes des familles et des enseignants. Cependant, il faut quand même saluer ce mouvement de pérennisation et de professionnalisation d’emplois qui, depuis leur création, sont majoritairement des emplois précaires ne permettant pas de projection dans une carrière d’accompagnant.
Il est nécessaire de rappeler qu’un dossier MDPH n’entraîne pas automatiquement la l’attribution d’un accompagnant d’élève en situation de handicap. Cette attribution, au même titre que du matériel d’accessibilité  (informatique par exemple), est corrélée aux besoins identifiés. J’ai en mémoire la lettre d’une maman qui constatait la régression de l’autonomie de son enfant depuis qu’il avait une AVS, et qui souhaitait que cette aide soit plutôt donnée à un élève qui en aurait d’avantage besoin…

Extrait du JO :
« Les accompagnants des élèves en situation de handicap sont recrutés parmi :

1- les candidats titulaires d’un diplôme professionnel dans le domaine de l’aide à la personne ;
2- les candidats justifiant d’une expérience professionnelle d’au moins neuf mois (durée minimale du PEC**) dans les domaines de l’accompagnement des personnes en situation de handicap, des élèves en situation de handicap ou des étudiants en situation de handicap accomplis, notamment dans le cadre d’un contrat conclu sur le fondement de l’article L. 5134-19-1 du code du travail susvisé ; (il s’agit des auxiliaires de vie scolaire actuellement employés dans le cadre d’un contrat unique d’insertion CUI).
3- les candidats justifiant d’un titre ou diplôme classé au moins au niveau IV (le BAC), ou d’une qualification reconnue au moins équivalente à l’un de ces titres ou diplôme. »

En outre un temps  d’adaptation à l’emploi d’une durée d’au moins soixante heures. est institutionnalisé par ce texte.

Voir le Journal officiel sur Legifrance,

et aussi sur le site du ministère Missions et activités des personnels chargés de l’accompagnement des élèves en situation de handicap (circulaire du 3 mai 2017 qui n’a pas été mise à jour pour les types de contrat -CUI/CAE vers PEC- mais le descriptif des missions reste le même),

enfin bien sûr notre article “Ensemble pour l’école inclusive”.

* équivalent temps plein... car si un contrat AESH fait 35h par semaine, cela ne correspond pas aux horaires scolaires. La possibilité reste néanmoins ouverte d'intervenir sur le temps périscolaire.
voir article AFP/Le Point, conférence de presse Cluzel/Blanquer du 18 juillet 2018
voir aussi sur emploipublic.fr

** Le PEC parcours emploi compétences est un contrat aidé qui remplace les contrat d’accompagnement dans l’emploi (CAE/CUI contrat unique d'insertion) depuis le 1er janvier 2018. Durée minimale 9 mois, durée maximale 2 ans.

• Ensemble pour l’École inclusive

Le secrétariat d’état chargé des personnes handicapées et le ministère de l’éducation nationale publient conjointement un bilan d’étape sur l’action du gouvernement en 1 an. S’y ajoutent les perspectives de travail pour aboutir à l’horizon 2022 à “une École de la République pleinement inclusive”.

Un document synthétique… mais plutôt détaillé :

  • 1 an d’action pour l’École inclusive
  • Garantir l’accessibilité numérique des savoirs
  • Les ULIS par département
  • 2022 : une École de la République pleinement inclusive
  • Diagnostic et grands axes de progrès
  • Concertation et groupes experts
  • Expérimentation de pôles inclusifs d’accompagnement localisés (PIAL) dans chaque académie.

http://www.education.gouv.fr/cid132935/ensemble-pour-l-ecole-inclusive.html

Un document politique donc, qui vise à une évolution nette et qui va au-delà de l’éducation inclusive puisqu’il ré-interroge sur les structures d’accueil, les procédures de prise en charge, la formation et le recrutement des personnels mobilisés…
Rendez-vous est pris en septembre 2018 :
“…, Jean-Michel BLANQUER, ministre de l’Éducation nationale,
et Sophie CLUZEL, secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée des Personnes
handicapées lancent une concertation auprès du Conseil national consultatif des
personnes handicapées, des parents d’enfants en situation de handicap, des
organisations syndicales et des accompagnants, pour rénover le dispositif
d’accompagnement des élèves en situation de handicap à partir de la rentrée 2019.”

À suivre de près dans les applications !

Dossier de présentation :_Ensemble_pour_l’école_inclusive

 

 

 

• Comment expliquer la courbe exponentielle du développement de l’autisme ?

La vidéo suivante relate de façon précise les études menées aux États Unis sur les liens entre le vaccin ROR et l’autisme. Elle montre aussi comment les résultats de ces études n’ont pas été pris en compte face aux intérêts commerciaux des laboratoires pharmaceutiques.

Nous comprenons que l’origine neuro- développementale  de l’autisme ne peut expliquer cette croissance exponentielle du nombre de cas d’enfants avec autisme. D’autre part, les descriptions des parents sont toujours les mêmes et bousculent aussi l’hypothèse uniquement neuro- développementale: en effet ces enfants avaient un développement normal avant de subir cette vaccination: suite à la vaccination, ils ont des réactions fortes et perdent par exemple le langage, ou la marche qui était acquise.

Édifiant ! Cela donne à réfléchir.

Ce documentaire co-produit par Cinéma libre studio a été censuré dans plusieurs pays et ne sera sans doute plus visible d’ici quelques jours !  : https://vimeo.com/203540788

• Colloque Éducation inclusive

Les 28 et 29 août 2018 se déroulera le 8e Colloque international de l’Observatoire des pratiques sur le handicap-Recherche et intervention scolaire (OPHRIS).
Cette année, le colloque se déroulera en Suisse, à Sion, invité par l’université de Genève

Les colloques de l’OPHRIS réunissent des experts qui, en référence à des ancrages disciplinaires et théoriques variés, inscrivent leurs travaux dans le domaine de l’enseignement, de la formation et des conditions de scolarisation des élèves à besoins éducatifs particuliers, avec un intérêt particulier pour les problématiques liées à l’école dite inclusive. Afin de dynamiser le travail scientifique, les pratiques professionnelles et les conditions d’accessibilité aux apprentissages, ils stimulent les échanges entre les terrains de la recherche, de la formation et de l’enseignement.

« Éducation inclusive : Transitions – Transformations – Routines » énonce les trois axes thématiques qui structurent les apports du colloque 2018 : conférences plénières, communications et table ronde contribueront à interroger les changements effectivement suscités par les dispositions politiques liées à l’école inclusive, ce qui s’y jouent pour les chercheurs, les professionnels et pour les élèves, les obstacles, les leviers et les ajustements aux transformations.

Parmi les intervenants :
Gérard Bless, Professeur à l’Université de Fribourg

Serge Ebersold, Professeur au Centre national des arts et métiers (CNAM)
Mariane Frenay, Professeure à l’Université catholique de Louvain
Julie Ruel, Professeure à l’Université du Québec à Outaouais
mais aussi
Hervé Benoit & Anne Gombert (INS HEA et Université Aix-Marseille)
Marie Toullec-Théry (Université de Nantes)
Toutes informations sur https://www.unige.ch/ophris2018/

• Vademecum pour préparer au mieux la rentrée 2018

Combien de difficultés rencontrées pour obtenir à temps les notifications de la MDPH concernant des situations d’élèves ?  Ce vademecum, publié par la Caisse nationale de Solidarité pour l’Autonomie, à destination des MDPH et des autorités académiques tente d’harmoniser les pratiques et de rappeler l’esprit de la loi de février 2005 lié à la notion de projet de vie, de souplesse, d’anticipation et de réponses adaptées aux besoins.

Un effort pour anticiper au mieux les différents moments de l’année… A consulter absolument:

 

 

• AVS et enseignant

ndlr : AESH ou AVS ? Les AVS ou auxiliaires de vie scolaire sont bien présents dans nombre d’établissements aux côtés des élèves en difficulté d’apprentissage et de leurs enseignants. C’est le terme générique employé pour désigner ces professionnels, qui peuvent être employés sous divers statuts dont le moins précaire est celui d’AESH, accompagnants des élèves en situation de handicap.

Réseau Canopé (ex CRDP) publie

AESH et enseignant
Collaborer dans une école inclusive – Grégoire Cochetel*
04/2017

“Ce livre constitue un outil dont l’objectif est de permettre la réussite du trio AESH-Enseignant-Élève. Il donne à comprendre comment les AESH participent à la prise d’autonomie de ces élèves et à la réussite de leurs parcours de scolarisation…”


Cet ouvrage s’adresse tant à l’enseignant qu’à l’auxiliaire de vie scolaire et devrait constituer un “socle commun d’intervention” en classe.
Il pourra sans doute éclairer les parents…
Vous connaissez cet ouvrage et vous avez pu l’utiliser en classe ? Merci de laisser votre avis en commentaire.

Voir sur le site Réseau Canopé

*Grégoire Cochetel est Directeur adjoint ESPE, chargé des formations autour de l’enseignement à l’Université Blaise Pascal Clermont-Auvergne