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. Une expérience de coordonnateur d’éducation inclusive sur plusieurs collèges.

Voici l’entretien réalisé avec notre collègue Christelle CC qui est titulaire d’un poste d’enseignante coordinatrice pour l’éducation inclusive partagé sur plusieurs collèges de l’enseignement privé sous contrat du bassin d’Annecy. Il y a ici un sujet très intéressant pour répondre aux besoins des enseignants et des élèves. Ce qui nous montre que le collège inclusif ne se définit pas  par le fait d’avoir une ULIS ou une SEGPA mais plutôt par le souci partagé de répondre au mieux aux besoins éducatifs particuliers des élèves en accompagnant les enseignants  et l’équipe. La réflexion menée collectivement pour  trouver une stratégie de moyens  devient alors opérante. A lire absolument.

. Entre continuité et ruptures, le lycée inclusif plus que jamais nécessaire !

En effet, entre la réforme qui se poursuit cette année et la gestion de la crise sanitaire, la mise en place de la continuité pédagogique, quels sont les éléments qui avancent dans le sens de parcours différenciés  et aménagés en fonction des besoins particuliers de certains lycéens. Des questions très simples  interrogent ce niveau de la scolarité quant à sa capacité à s’inscrire dans un système scolaire inclusif.

Par exemple, pourquoi n’y-t-il que très peu d’ULIS en lycée général et technologique ? Pourquoi ces dispositifs sont-ils réservés aux lycées professionnels ? Si un élève est orienté dans la voie générale et technologique alors c’est qu’il doit s’adapter à ce qui lui est demandé , ce qui n’est pas l’orientation donnée à l’école( dans son sens générique)  inclusive qui doit s’adapter aux élèves et prendre en compte les besoins éducatifs particuliers de certains élèves.

Qu’avons -nous appris du confinement qui va dans le sens d’un lycée, toutes voies confondues, qui engage des pratiques plus inclusives ?  Les enseignants ont été extrêmement attentifs aux difficultés rencontrées, ont prodigué de nombreux encouragements et se sont interrogés sur la pertinence des évaluations habituelles. La mise en confiance, le prendre soin ont pris plus d’ampleur et sont les bases nécessaires pour que chacun puisse apprendre, tout particulièrement lorsque le sentiment de compétence est peu sûr avec une image de soi assez négative. Certains élèves d’ailleurs se sont sentis mieux dans cette scolarité à domicile, ne sentant plus peser sur eux le regard des autres qu’ils perçoivent comme dévalorisant et a contrario, recevant les encouragements de ses professeurs. L’attention aux difficultés  donne des indicateurs sur les obstacles que peuvent rencontrer des élèves. L’explicitation plus grande accordée par les différents moyens est une première approche de l’accessibilité pédagogique.  Enfin il a fallu cibler des priorités quant aux évaluations et donc clarifier davantage les objectifs recherchés, les expliciter là aussi. Le dégagement de toutes ces zones implicites  habituelles , non vues en présentiel, se retrouve mis en lumière par la distance.

La réforme quant à elle dans ses finalité, recherche à proposer des parcours individualisés, reposant sur un choix et une orientation qui se doit d’être accompagnée. L’évaluation est aussi interrogée par la mise en œuvre du contrôle continu. Cela peut ouvrir la porte à un travail déjà mené en lycée professionnel sur la reconnaissance de niveaux de maitrise atteints dans telle ou telle compétence. Ces attestations de compétences doivent pouvoir se développer aussi en lycée général et technologique et permettre ainsi à des  lycéens aux profils cognitifs atypiques de pouvoir valider tout ou partie du baccalauréat. La réforme interroge aussi l’organisation de la “classe” en tant que telle et appelle une modularité et flexibilité plus grande.

Vous souhaitez approfondir cette réflexion, vous pouvez visionner la vidéo qui a été réalisée par Jean-François Gatineau de la Direction Diocésaine de Nantes qui m’invitait à plancher sur ce sujet début octobre. Voici le lien de la vidéo qui a été ainsi réalisée et diffusée auprès des chefs d’établissements des lycées de la région nantaise: https://youtu.be/l2eYwVjCLr0

Nota bene: quelques passages ne sont pas très bons au niveau de la qualité du son… soyez persévérant ! Merci de votre compréhension.

• Formation initiale des enseignants sur l’éducation inclusive

La Revue canadienne d’éducation rend compte d’une recherche expérimentale ayant trait à l’importance des croyances des futurs enseignants quant à leur sentiment de compétences pour enseigner à des élèves avec des besoins éducatifs particuliers.

Le compte rendu proposé montre le dispositif mis en place avec un groupe témoin et un groupe volontaire qui vont suivre un cours “remanié” sur l’éducation inclusive, interrogeant leurs  croyances  en matière d’éducation inclusive et leur sentiment d’efficacité  quant aux stratégies possibles à mettre en œuvre dans leur futur métier.

Les résultats montrent des écarts significatifs entre les deux groupes. Le cours remanié montre des effets positifs dans les deux axes choisis. Certes comme cela est indiqué, l’expérimentation est conduite sur un nombre faible de futurs enseignants. cela interroger vraiment cependant ce qui est fait en France dans ce domaine.

A consulter

• Des pratiques enseignantes inclusives ?

La DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) publie une note d’information relatant une enquête menée en 2018 sur les pratiques d’enseignement au regard du référentiel de compétences.

Nous y voyions que le cloisonnement éducatif /enseignement n’est plus d’actualité. Plusieurs schémas montrent des évolutions positives dans l’accompagnement des élèves à besoins éducatifs particuliers, leur suivi, les remédiations proposées. Le consensus est là sur la mission de l’école dans l’accueil et la scolarisation de ces élèves. Cependant, un décalage important est à noter entre ce qui est jugé comme étant prioritaire et comme étant  faisable. Cela montre le déficit de formation, par exemple l’évaluation formative est peu utilisée et peu d’outils d’auto évaluation sont proposés.

A lire donc avec intérêt.

 

• L’oral, les oraux

L’académie de Créteil contribue à l’observatoire des pratiques en réseau d’éducation prioritaire et met en ligne un Padlet recensant de nombreuses ressources sur l’oral, ses différents usages, les apprentissages.
Tous les cycles sont concernés de la maternelle au lycée et de nombreux documents sont disponibles.
A consulter pour que, quelque soit le lieu d’exercice cet apprentissage puisse se réaliser au mieux pour tous.

Le Padlet : https://padlet.com/martine_amable/11m6h0jf7gwd

•”Il, Elle va en inclusion!”

“Comment peut-on dire d’un élève qu’il, elle va en inclusion alors que de facto il est inscrit administrativement…  dans cette classe…”

C’est ainsi que Marie Toullec- Théry ouvre le numéro 22 de la revue Ressources : “Il, elle va en inclusion, paradoxe d’une école inclusive”

A découvrir et à lire pour saisir toute la réalité paradoxale dans laquelle nous nous débattons, tentant de dépasser la logique de la norme , interrogeant sans cesse les pratiques d’accessibilité.

A voir sur : https://inspe.univ-nantes.fr/recherche-innovation/nos-publications/ressources-pour-la-formation-l-ecole-et-les-apprentissages-scolaires-1408481.kjsp

Le numéro est téléchargeable. Merci à l’équipe de Nantes.

• Co-enseignement en mathématiques

 

Comme toujours, voici un excellent article de Marie Toullec-Théry sur l’analyse d’un dispositif de co-enseignement en mathématiques dans une classe de 6ème ordinaire dans laquelle des élèves de SEGPA sont inclus à raison de 3h par semaine. Ils complètent leur horaire de mathématiques avec l’enseignant spécialisé. Cet article est paru dans la revue Hybride de l’éducation.

L’analyse fine  met en évidence les difficultés rencontrées dans ce dispositif, les avancées en termes de prise de conscience des deux enseignants  par rapport à la situation d’enseignement/apprentissage. Nous voyons, en particulier l’arrêt sur image d’un moment de superposition des interventions des deux enseignants. Cela met en évidence le retrait de l’élève aidé, du temps didactique commun; la connaissance précise qu’a l’enseignant spécialisé des difficultés de cet élève  et des ressources qu’elle peut lui apporter.

Cette analyse montre aussi les obstacles contenus dans la situation didactique. Elle permet aussi de conduire les enseignants à modifier leur répartition des rôles et l’organisation didactique de la séance.

A lire donc !

• Que retenir de cette expérience de continuité pédagogique ?

Voici trois diapos interactives (Genially) qui  retracent  cette expérience inédite et nous conduisent à en tirer quelques éléments en vue de préparer la rentrée de septembre …

Bien sûr ce n’est pas exhaustif mais j’ai repris les éléments les plus importants qui sont apparus tout au long de ces derniers mois… À utiliser en journées pédagogiques comme base de réflexion.

Voir la présentation interactive 

Voir les photos de chaque diapo :