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. Enseignants et parents à l’épreuve du confinement.

L’IFE nous propose un podcast dans sa série “Ça manque pas d’r” sur cette épreuve du confinement, ce que cela a représenté pour les enseignants et les parents … Avec la participation de Patrick Rayou,  de Luc Ria qui mènent une grande enquête sur les effets du confinement.

Les premiers constats  du côté du vécu des familles, disent les inégalités matérielles et celles aussi liées à l’organisation de la journée, des familles “agenda” qui ont structuré le temps aux familles qui ont “perdu la maitrise” se laissant mener “par le temps de l’ado.”

Pour les enseignants, c’est la question de la maitrise du numérique et l’habitude préalable ou pas de ces outils. C’est une question “d’agilité” . Inégalités aussi au niveau des établissements: certains ont mis des ressources communes ou d’autres ont joué le chacun pour soi….  Les parents et les enseignants sont mis à l’épreuve dans cette situation.

Ce moment historique,”incident clé”, rend visibles des difficultés habituelles, implicites… et nécessite de relire collectivement  les essais, erreurs… les tentatives , les réussites… pas seulement sur la question du numérique,  mais avant tout sur celle de la construction des apprentissages,  pour renouveler l’école dans la visée de la réussite de tous.
A écouter absolument

 

• Plate-forme “Tous mobilisés”

Dans ce contexte de crise sanitaire et de confinement nécessaire, les familles ayant un enfant en situation de handicap sont particulièrement exposées à l’isolement et à l’épuisement physique ou psychologique.

Questions, aide, écoute, la plate-forme TOUS MOBILISÉS, mise en place à l’initiative de la Fédération Nationale Grandir Ensemble, a pour but d’accompagner les familles dans cette période difficile, en les aidant à trouver des solutions concrètes pour organiser leur quotidien.

Aller sur la plate-forme

• Confinement et élèves à besoins éducatifs particuliers, qu’en est-il?

Nous voilà dans la deuxième semaine de cette expérience inédite que nous avons à vivre, que nous aurions aimer éviter, mais qui est bien là.

Derrière cette nécessité de poursuivre l’école en dehors des murs, au sein des maisons, les enseignants s’impliquent fortement et portent vraiment le souci que les élèves soient occupés, travaillent, renvoient leur devoir. Toute une artillerie de logiciels, plate-formes diverses  s’est développée, et l’harmonisation entre les différentes modalités d’envoi et de réception des devoirs doit s’améliorer.

Différents acteurs du monde de l’éducation ont publié leurs réflexions. Voir entre autres, Evelyne Charmeux qui distingue bien s’entrainer et apprendre , Philippe Meirieu qui nous rappelle que l’indifférence aux différences aggrave les inégalités…Qu’il y a bien des manières d’apprendre comme “l’expression orale et écrite, la recherche documentaire, la coopération entre élèves, et des ateliers pour savoir apprendre une leçon, réviser un contrôle ou préparer un exposé, etc. “

Premier point convergent : l’école à la maison ne peut pas être l’école. Ainsi nos voisins belges ont très bien distingué cela en indiquant que cette période était favorable aux révisions, entrainement, mais que les nouvelles notions devaient attendre. Ce temps s’inscrit dans une logique de  “remédiation- consolidation- approfondissement…“Les travaux demandés aux élèves feront l’objet d’évaluation formative (sans note, est-il précisé)

Nous avons eu tendance, par souci de bien faire, à donner sans doute beaucoup de travail au début. Les directives officielles ne semblent pas trop se préoccuper des effets négatifs de cette continuité en termes d’aggravation des inégalités et de décrochage accru pour certains. Les images montrées au journal télévisé mettent en scène une famille “idéale” où chacun, parents et enfants disposent d’une pièce et d’un ordinateur…  Non, les réalités sont bien différentes  d’un contexte à un autre. Peu à peu, les enseignants relativisent, rassurent, prennent contact avec les familles, avec les élèves. Cela crée une relation nouvelle, espérons que ce bénéfice sera conservé ensuite.

Les enseignants spécialisés, en ULIS, SEGPA, ou réseau d’aides se trouvent en position d’accompagner leurs élèves et les enseignants avec lesquels ils travaillent habituellement et donc d’exercer pleinement leur mission de personnes ressources. Parmi quelques témoignages qui me sont revenus, nous pouvons citer :

  • ULIS école: plan de travail individuel donné chaque matin, retour le soir. Liens avec les enseignants des autres classes sur les devoirs donnés pour enrichir la proposition;( histoire , SVT…)
  • Ulis collège: synthèse des travaux demandés par les enseignants, liens avec eux et aménagements des travaux par l’enseignante ULIS. Liens avec les familles pour rassurer.
  • Création d’un espace dédié à l’ULIS pour regrouper les travaux demandés.
  • Utilisation du téléphone privilégiée car de nombreux élèves sont plus en difficulté pour naviguer sur internet.
  • Ulis collège:  travail donné à chacun, en fonction de sa progression pour 3 semaines. Liens réguliers avec chaque élève.
  • Création de capsules vidéo avec des conseils pour les parents….

Au fur et à mesure  des jours qui passent,  il va être nécessaire d’améliorer  ces premières propositions.
D’abord, sans doute, ralentir le rythme imposé  et continuer à rassurer les familles ou élèves inquiets d’une façon individuelle. (Téléphone ou visio…) Ensuite repérer ceux qui décrochent ou qui n’arrivent pas du tout à suivre. Comprendre ce qui est en jeu. Si la famille veut coopérer avec l’enseignant, il sera sans doute nécessaire d’accorder davantage de temps de suivi individuel à ceux là mêmes. Enfin comment les liens avec les AESH se font-ils ? Comment poursuivre la collaboration habituelle dans cette période de confinement?

La plupart des supports actuellement proposés, privilégient l’écrit et remettent en difficulté les élèves qui dans le cadre ordinaire bénéficiaient d’adaptations… Les enseignants spécialisés peuvent tout à fait  aider  leurs collègues sur ce point, en rappelant les indications simples habituelles. Mais les supports audio sont aussi possibles et plus facilement utilisables puisque nous sommes dans un “chacun chez soi” contrairement aux habitudes scolaires.  De même, les animations  peuvent apporter des compléments intéressants.

Ce “chacun chez soi” renforce l’individualisation avec un certain nombre d’avantages  dans le suivi de l’élève mais  des inconvénients car la vie d’une classe repose sur un collectif bien vivant qui apprend ensemble. Comment développer un projet de classe, sur une thématique interdisciplinaire, mobilisant des activités créatives, qui permettrait aux élèves de garder ce sens de leur classe ? Quelques exemples possibles :

  • Création d’une exposition virtuelle, dans laquelle chacun va exposer son travail…
  • Création d’une radio, la question( suffisamment complexe) est lancée par l’enseignant adressée aux élèves et la plage horaire convenue pour que chacun puisse donner sa réponse… 
  • Organiser  des groupes d’élèves qui ont un défi particulier à relever (l’avantage ici est d’apprendre aux élèves à travailler ensemble avec la médiation des outils numériques. L’enseignant spécialisé  peut être sollicité comme ressource par les différents groupes en fonction de difficultés plus spécifiques des uns et des autres…) 
  • Réaliser un journal de classe de cette période de confinement…

C’est un moment particulier que nous vivons et qui peut nous permettre d’inventer  d’autres manières de faire. La continuité pédagogique ne peut reposer seulement sur le fait de donner du travail, de le corriger dans un format si scolaire. Il est sans  doute utile de distinguer dans les propositions ce qui relève de la révision, de l’entrainement, de l’exercice de la curiosité et de la découverte d’autres manières d’apprendre.

Passée cette première étape de mise en route, nous devons maintenant tourner encore plus notre attention sur les élèves les plus fragiles et renforcer les adaptations, aménagements nécessaires, les liens avec leurs enseignants, les familles. Nous pouvons freiner un peu  le trop plein de travail donné  et proposer des activités autres qui mettent en jeu le collectif et la créativité.

Alors n’hésitez pas à nous faire part de vos questions, de vos initiatives au profit des situations  que vous rencontrez. Maintenant que nous apprenons à pas de géant à faire des vidéos, des capsules… nous attendons vos témoignages.

Pour cela, utilisez la partie commentaires ci- dessous.

 

 

• Grands-parents “fragiles” et confinés, acteurs si importants du lien familial

Les mesures de confinement ont suivi de près l’annonce de la fermeture des écoles qui a placé en avant le principe de la continuité pédagogique. Les retours des équipes avec lesquelles je travaille, montrent majoritairement un très bon investissement des enseignants appuyés par les services informatiques.

Ces nouvelles mesures qui ont suivi logiquement apportent une difficulté supplémentaire pour les familles : la rupture des liens sociaux. Les initiatives qui avaient été envisagées pour regrouper des gardes d’enfants ne peuvent plus avoir lieu par exemple… Le fait de ne plus voir ses proches, ses enfants, parents, grands-parents  est forcément vécu dans un premier temps comme une difficulté supplémentaire mais invite immédiatement à recréer les liens autrement. Je trouve en cela que l’être humain est toujours étonnant, et a tellement de ressources en lui-même.

Dans les cercles familiaux, les journées vont entrer dans un autre tempo… et permettent très certainement  de découvrir d’autres façons d’être ensemble en famille. Dans ce cadre-là et avec les moyens dont nous disposons aujourd’hui, les grands-parents doivent à la fois rassurer leurs enfants et petits enfants, trouver d’autres moyens d’être là.

Ils peuvent proposer des pauses pour les parents en donnant rendez-vous régulièrement à leurs petits-enfants… Téléphone, Skype, tous les autres moyens de communication seront bons.

Chaque jour, ou suivant les âges, tous les 2 jours, une fois par semaine… prendre un moment avec ses petits-enfants. Voici quelques idées toutes simples pour ce rendez-vous : leur faire raconter leur journée, ce qu’ils ont fait avec leurs parents, leurs frères et sœurs… mais aussi se remémorer les dernières vacances, lire une histoire, faire des jeux de mime…  raconter des devinettes…  Regarder ensemble une belle image… Pour les plus grands, leur demander des nouvelles de leurs copains. Cela peut être très court mais offrir un autre moment dans la journée, consolider d’une autre façon le lien avec eux…

Beaux rendez-vous à venir !