• Suite de l’enquête sur les ULIS.

En juin nous avions lancé la première partie de cette enquête. Voici maintenant les deux derniers volets qui s’adressent aux enseignants de référence des élèves d’ULIS.

Sont donc maintenant disponibles  les 4 volets de l’enquête sur les ULIS…

N’hésitez pas à communiquer autour de vous  cette enquête… Déjà de nombreux enseignants coordonnateurs ont répondu…  Merci à tous.

• Accessibilité et personnalisation?

L’accessibilité est universelle ou elle n’est pas. Ce principe devrait guider nos actions et nos choix.

Or, le focus a longtemps été mis sur la personnalisation. Il s’agissait de répondre au droit à l’éducation, puis à celui de la scolarisation en proposant des projets individualisés. Avec notre façon très administrative d’organiser à la fois les lieux, les aides, les moyens, nous en sommes aujourd’hui à proposer PAP, PPS, PAI et PPRE… Certains de nos voisins européens s’en étonnent quand parfois un seul protocole existe, pouvant être proposé de façon souple, en fonction des besoins, de la responsabilité des enseignants, en concertation avec les familles et les différents partenaires.

Ce passage administrativo, personnalisé, était sans doute obligé ! Je voudrais aujourd’hui attirer l’attention sur les risques que comporte cette sur-focalisation sur l’individu et ouvrir une voie plus pragmatique et qui entre dans cette logique de l’accessibilité universelle.

Concrètement, les enseignants peuvent se retrouver à gérer x projets suivant x protocoles et se demander si tout cela est toujours justifié ; ils peuvent aussi se sentir surchargés, avoir un questionnement  sur l’adéquation avec l’idée qu’ils se faisaient du métier. Mon propos n’est pas de dire que la préoccupation du suivi de chaque élève ne fait pas partie du métier, et la plupart des enseignants ont ce désir de faire au mieux pour chacun.

Mais il y a deux écueils qui demandent à être bien vus.

À trop personnaliser, une nouvelle stigmatisation est possible. Elle peut d’ailleurs très bien se manifester chez l’élève lui-même qui ne souhaite plus bénéficier de mesures particulières…  « Non je ne veux pas avoir d’ordinateur… je veux faire comme tout le monde… » Elle peut aussi interroger les autres élèves … « Pourquoi lui et pas moi… «  Nous pouvons réguler cet effet  en travaillant avec l’ensemble des élèves sur la notion de différence, d’équité et entrer dans une nouvelle compréhension des besoins des uns et des autres. En cela, plus la différenciation pédagogique devient une manière de faire ordinaire, régulière, plus il est logique que chacun ne fasse pas forcément la même chose, de la même façon, en même temps.

L’autre écueil est celui de rester dans une logique d’aide, de réparation et non de se diriger vers une logique environnementale et d’accessibilité universelle. Penser en amont la conception du cours, analyser les activités proposées en termes d’obstacles, et donc d’aides à proposer à tous, permet d’associer facteurs environnementaux et personnels. Cette démarche d’anticipation, de repérages systématiques des limitations possibles rencontrées par de nombreux élèves, dans une activité proposée permet peu à peu de répondre aux invariants  que nous connaissons et comprenons maintenant mieux (voir à ce sujet le dossier proposé sur les apports des neurosciences cognitives).

Car, si auparavant, nous concevions les propositions pédagogiques en fonction d’un « bon »  élève standard, nous avons maintenant appris que certains ne peuvent pas lire ou écrire de façon autonome mais peuvent comprendre et s’exprimer ; que certains ne peuvent s’exprimer oralement mais utiliser des moyens de communication alternative ; que certains ne disposent pas d’une mémoire de travail opérante et ont donc besoin d’indices qui servent de rappels… Tous ces éléments deviennent en quelque sorte les nouvelles normes « iso » des propositions pédagogiques.

Si les normes d’accessibilité, largeur des portes, des couloirs, hauteurs des rampes d’escalier sont aujourd’hui posées dès le départ, dans la conception des plans de tout appartement, bâtiment public, scolaire … peut-on imaginer créer un répertoire des obstacles et des aides dans tout scénario pédagogique ?

Pour cela, il s’agit bien d’accompagner les enseignants dans ce travail d’analyse de l’activité en s’appuyant sur l’interdisciplinarité pour sortir des évidences « matière ».

Ainsi dans le document Double focus, nous pouvons voir les deux façons de préparer et gérer sa classe. Le focus « personnalisation » était privilégié ; sans l’abandonner, la pratique associée avec le second focus « accessibilité », éviterait les écueils cités d’une « sur » personnalisation. A terme, il rendrait le travail des enseignants plus adapté au contexte d’aujourd’hui qui découvre la richesse de la diversité et renouvelle le métier.

Véronique POUTOUX

● Bien-être enseignant : une comparaison entre enseignement ordinaire et spécialisé

En présentiel ou distanciel, une conférence proposée par le Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques (LIEPP) de SciencesPo.
Intervenantes : Klara Kovarski est maîtresse de conférences à Sorbonne Université (INSPE-Paris) et chercheuse au LaPsyDE (CNRS, Université Paris Cité) Ses travaux portent sur la perception visuelle et le traitement des émotions dans le développement typique et l’autisme, à l’aide de méthodes électrophysiologiques, d’eye-tracking et comportementales
et Caroline Jeault, professeure des écoles dans l’académie de Paris et titulaire du CAPPEI. Après des études en lettres modernes et un master MEEF, elle a obtenu un master 2 « Métiers de la scolarisation inclusive », dans lequel elle s’est particulièrement intéressée au bien-être enseignant dans le cadre de son mémoire.

Pour en savoir plus et inscriptions


 

● Enfin des mesures de simplification !

Est-ce possible ? Enfin sont annoncées des mesures de simplification pour le suivi des saisines et dossiers MDPH.

Voir l’ensemble des 18 mesures proposées à compter de septembre 2026 : du bon sens/ une diminution de la charge administrative…
voir https://handicap.gouv.fr/sites/handicap/files/2025-07/Dossier-presse-Restitution-Tour-France-des-solutions-juillet-2025.pdf

Et ci-dessous une infographie récapitulative réalisée par Charlotte Martin-Chave, à consulter sur Linkedin :

 

● AESH : Mieux connaître leurs vécus et leurs situations

La DEEP publie en mars,une enquête statistique  sur  » Les conditions d’exercice des Accompagnants d’élèves en situation de handicap. »

De nombreuses données chiffrées sont  révélées qui confirment le statut difficile de ces personnels. On peut constater aussi l’évolution en cours depuis la généralisation des PIAL ( Les PAS changeront-ils quelque chose ?) . En effet, la plupart suivent plusieurs élèves, seuls 12 % délivrent une aide individuelle.
Elles sont à 94% des femmes vivant en couple et ayant en charge un enfant. Les trois quart exercent sur un lieu unique.

Voici un court extrait de l’introduction :

Le nombre de lieux d’exercice et d’élèves accompagnés constituent des facteurs importants de variation de leur vécu professionnel. Les AESH déclarent étendre leur activité au-delà des notifications d’accompagnement – documents officiels de la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) précisant les besoins des élèves dont la situation de handicap est reconnue administrativement. Ainsi, les AESH déclarent intervenir en pratique auprès d’un effectif d’élèves 1,6 fois supérieur en moyenne à celui faisant l’objet d’une notification.
Les trois quarts des AESH indiquent intervenir dans un lieu d’exercice unique. Les relations quotidiennes dans les écoles et établissements sont perçues comme très positives : moins d’une AESH sur dix rapporte un manque de respect dans ses interactions avec les élèves ou ses collègues.
En revanche, le sentiment de manque de reconnaissance sociale est fortement exprimé : à l’instar des enseignants (Ceesay et al, 2025), les AESH se disent peu valorisées socialement (85 %), tout en percevant une forte utilité de leur travail (85 %). La considération institutionnelle est jugée faible, et ce sentiment s’accentue vis-à-vis des échelons supérieurs, du niveau départemental au niveau ministériel.
Le métier d’AESH est associé à une charge émotionnelle importante : une sur quatre estime devoir cacher ses émotions ou faire semblant d’être de bonne humeur, une sur quatre déclare être en contact avec des familles en situation de détresse, et près de la moitié sont concernées par le fait de penser au travail dans leur sphère personnelle. Cependant, la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle apparaît comme un motif de satisfaction : neuf AESH sur dix déclarent ne pas dépasser significativement leur temps de travail prévu de 25,5 heures hebdomadaires, qui s’approche du temps de scolarisation des élèves. Ce métier les expose également à certaines formes d’atteintes, notamment physiques (coups, bousculades, blessures), plus fréquentes que pour les autres personnels (9 % contre 3 %).
Leurs constats rejoignent ceux des autres personnels des écoles et établissements scolaires, qui considèrent majoritairement que la réalisation de la mission d’accompagnement des élèves à besoins éducatifs particuliers nécessiterait davantage de moyens humains et une meilleure formation : plus d’un tiers des AESH (36 %) estiment avoir besoin de davantage de collègues pour exercer correctement leur métier. Environ la moitié évoque un manque de fournitures et d’espaces adaptés.
Les besoins en formation apparaissent également importants.

Des données objectives à consulter: https://www.versunecoleinclusive.fr/wp-content/uploads/2026/04/les-conditions-d-exercice-des-accompagnantes-et-accompagnants-d-l-ves-en-situation-de-handicap-481235.pdf

voir aussi sur le Café Pédagogique

● CUA à l’université

L’Université Catholique de Louvain (UCL) propose un document très clair sur la pédagogie universitaire rendue accessible pour tous. Les auteurs redonnent les origines du projet, présentent de façon très claire les principes de la CUA et illustrent leur mise en pratique dans des cours délivrés auprès des étudiants.

Cette présentation claire, concise accompagnée d’exemples dans différents cours peut permettre à des enseignants en lycée de travailler l’accessibilité pour tous leurs élèves des dispositifs pédagogiques proposés. Elle peut aussi accompagner ces pratiques à l’école et au collège.

Reste comme dans de nombreuses présentations à creuser la question de l’identification des obstacles contenus dans les scenari pédagogiques.

A lire

● Forum de l’inclusion

Enseignants, AESH, parents, professionnels de l’accompagnement, … plus de 250 personnes se sont retrouvées ce samedi 28 mars à l’invitation de l’Atelier Canopé de Villeneuve-d’Ascq (anciennement Lille).
L’Atelier Canopé organisait, pour la sixième année, sa journée dédiée aux élèves à besoins éducatifs particuliers dans les locaux de l’IRTS – Institut régional du travail social à Loos.

Cette journée s’inscrivait dans la programme « Forum de l’inclusion Hauts-de-France »

Thématique de la journée – Vers une école pour tous, guidée par les besoins des élèves

Mieux accompagner tous les élèves dans leur scolarité, quels que soient leurs besoins éducatifs. Face à la diversité des besoins des élèves, comment garantir une scolarisation de qualité pour tous les enfants, de la maternelle au lycée ? Comment mettre en œuvre l’accessibilité universelle centrée sur les besoins ? Comment répondre aux besoins spécifiques : DYS, TSA, EHP, allophones, RSA, … Comment adapter les pratiques pour rendre les apprentissages accessibles : enseignement explicite, feed-back, autorégulation, IA… ? Quels dispositifs et outils utiliser ?

PROGRAMME 

  • 8h45 : Accueil
  • 9h15 : Mot d’accueil
  • 9h30 -12h00 : 

conférence de Isabelle Ducos-Filippi, formatrice académique École inclusive  > Accessibilité de l’enseignement et des apprentissages

Comment accompagner les élèves à besoins éducatifs particuliers sans enfermer l’inclusion dans une logique d’adaptations individuelles ? Cette conférence propose de déplacer le regard vers l’accessibilité des apprentissages et la Conception Universelle des Apprentissages (CUA) comme réponses structurelles à l’hétérogénéité des classes. À partir de la CUA, enrichie par les apports récents de la recherche scientifique, Isabelle Ducos-Filippi, formatrice académique Ecole Inclusive, partage une approche concrète, structurée et adaptée aux réalités du terrain. La CUA y est abordée comme un cadre opérationnel articulant le pourquoi apprendre, le quoi enseigner, le comment enseigner. Une conférence pour sécuriser les apprentissages essentiels et installer des dynamiques de réussite durables, pour tous.

  • 12h00 – 13h00 : pause déjeuner
  • 13h00 – 17h30 : mini-conférences et ateliers

13h00 / 14h30

Mini-conférence > Communication Alternative et Améliorée (CAA)
Laure AUPICQ, Responsable territoriale antenne des Hauts-de-France
La CAA – De quoi parlons-nous ? Et quelle place dans la scolarité de l’enfant ? À l’heure où les orientations encouragent vers l’inclusion scolaire des enfants en situation de handicap, il parait intéressant de penser leur accompagnement et la transmission des savoirs. Dans ce cadre, la démarche de CAA est intéressante à penser afin d’aller en ce sens. Prenons le temps de définir la démarche de CAA et son impact pour tendre vers un développement des compétences et une autonomie de l’enfant.

Mini-conférence > Présentation des équipes mobiles de soutien à la scolarisation
Clémence Friedrich, psychologue, Helene Bourghelle, éducatrice spécialisée et coordonnatrice du D2IS, Fanny Scaillierez Fossard, coordinatrice D2IS Éducation nationale
Présentation par trois professionnelles des équipes mobiles de soutien à la scolarisation des papillons blancs de Roubaix-Tourcoing. Qui appeler pour quels besoins ? EMIP, EMAS, D2IS. Que proposons nous dans la collaboration Education Nationale / Médico-social ?

Mini-conférence > AFEHP
Marie-Line Stenger, formatrice – conférencière
L’apport des neurosciences dans la connaissance des personnes HPI et dans la mise en place des besoins spécifiques à la maison et en classe.

Atelier > Une école plus accessible et plus accueillante pour les élèves allophones
CASNAV // Virginie GEORGE et Marianne BOUZIANE, conseillères académiques
Comment ouvrir l’École aux élèves allophones et rendre les apprentissages accessibles, malgré la barrière de la langue, sans simplifier les savoirs ? Quelles ressources, quelles pistes pédagogiques pour répondre à leurs besoins spécifiques et permettre à chacun de s’inscrire dans un parcours de réussite ? L’équipe du CASNAV de Lille vous propose de mener la réflexion et de découvrir les ressources disponibles.

Mini-conférence > Me former à l’éducation inclusive et trouver de bonnes ressources
Jing Wang et Nicolas Ribeiro, Pôle pilote 100% IDT
Et si je découvrais une façon de trouver une ressource pédagogique complètement adaptée
à ma situation?? Et si je découvrais une nouvelle manière de me former innovante et ludique??
L’atelier vise à présenter le Pôle pilote et faire découvrir le répertoire des ressources, particulièrement une ressource pédagogique MIRIADE et une ressource de formation Simu-péda.
MIRIADE est une ressource qui vise à développer de l’empathie via la création d’histoire illustrée inclusive. Kit Simu-péda est un outil pour concevoir, d’une manière plus interactive et ludique,
des scénarios à l’usage de formation par la simulation.

  • 14h30 / 16h00

Mini-conférence > DYS : besoins spécifiques des élèves dys et les réponses pédagogiques possibles
Camille Maiffret, orthophoniste

Mini-conférence > Prendre en compte les particularités des élèves TSA pour construire un parcours scolaire de la maternelle aux études supérieures adapté aux besoins
CRA // Anne Coquet (enseignante spécialisée second degré), Isabelle Gylbert (enseignante spécialisée premier degré), Laurine Lesenne (psychologue)
Pour favoriser les apprentissages et éviter les ruptures de parcours scolaire, l’intervention proposera une réflexion autour de la structuration de l’environnement, de l’adaptation pédagogique, des aménagements aux examens, des outils institutionnels ainsi que sur les dispositifs TSA existants au sein de l’éducation nationale.

Mini-conférence > Refus scolaire anxieux, des idées reçues à un accompagnement efficace
RSA : APADHE 62 et Refus Scolaire Anxieux ; Séverine MAQUENHEM, Enseignante Coordonnatrice ; S.A.P.A.D. ; Doriane Delcroix, Psychologue de l’Education Nationale ; Circonscription de Tourcoing-Roncq
Pour augmenter les chances d’un retour vers l’établissement scolaire, l’élève en souffrance peut bénéficier de solutions « sur-mesure », grâce à un projet personnalisé mis en place conjointement par l’établissement scolaire, la famille et le service de l’APADHE 62. Plus tôt la demande d’APADHE 62 est effectuée, plus les chances de réussite augmentent. Parents et personnels de l’éducation, ce n’est qu’en construisant ensemble que nous pourrons y arriver !

Atelier > TDAH : mieux connaître pour mieux agir    – COMPLET –
Bénédicte Dubois, formatrice en sciences cognitives, enseignante spécialisée, collaboratrice dans l’équipe ATOLE du Centre de recherche en neurosciences / Inserm de Lyon
Cet atelier s’appuie sur une meilleure compréhension du TDAH pour mettre en œuvre des stratégies d’adaptation concrètes, visant à réduire les obstacles à l’apprentissage et à favoriser l’engagement de tous.

Atelier > Rendre accessibles les apprentissages et les enseignements
Émeline Danna, enseignante spécialisée
En participant à un jeu de 7 familles, découvrez ou redécouvrez des pratiques et postures pédagogiques au service de l’accessibilité dans votre classe.

  • 16h00 / 17h30

Mini-conférence > L’autorégulation : une réponse aux besoins de tous
Christophe Poulain, formateur professeur
Une approche transversale pour répondre aux besoins éducatifs particuliers (BEP) des élèves avec des troubles du neurodéveloppement (TND) Cet atelier propose une présentation de l’autorégulation comme approche transversale au service de tous les élèves, avec une attention particulière portée aux BEP et aux élèves présentant des TND. À partir d’un modèle théorique issu des sciences cognitives, cette présentation abordera le développement des compétences d’autorégulation ainsi que la posture de l’adulte dans l’accompagnement des élèves. Les apports théoriques donneront lieu à des échanges avec la salle, à la présentation d’outils concrets, de supports visuels et de ressources pédagogiques.

Atelier > L’enseignement explicite, une approche pédagogique qui favorise l’inclusion  – COMPLET –
Bénédicte Dubois, formatrice en sciences cognitives, enseignante spécialisée, collaboratrice dans l’équipe ATOLE du Centre de recherche en neurosciences / Inserm de Lyon
L’enseignement explicite est une approche pédagogique dont l’efficacité est validée par la recherche scientifique parce qu’elle contribue à l’autonomie des élèves et à la réussite des plus fragiles. Cet atelier présentera comment la mettre en œuvre de façon rigoureuse et structurée.

Atelier > Les feedbacks
Émeline Danna, enseignante spécialisée
Plusieurs ateliers au choix vous permettront de définir les feedbacks, leurs buts et leurs différentes formes mais aussi de questionner vos pratiques et de vous entrainer à en formuler pour répondre aux besoins des élèves.

Atelier > Et si l’IA devenait notre alliée pour l’accessibilité pédagogique ?   – COMPLET –
Philippe Dubois, formateur, ingénieur pédagogique multimédia
Comment l’IA générative peut-elle réellement diversifier nos supports et différencier nos enseignements ? Un atelier pour expérimenter quelques outils sans perdre de vue les précautions nécessaires à une intégration éthique et explicite.

Le digipad de l’atelier

  • Tout au long de la journée // Stands des partenaires :CRA (Centre ressources autisme) ; AFEhP (Association française pour les enfants à haut potentiel) ; APADHE 59 et 62 / Association PEP 62 et APAJH Nord (Service d’accompagnement pédagogique à domicile, à l’hôpital ou à l’école) ; Association Phobie scolaire ; APEDYS (Association de parents d’enfants dyslexiques) ; Dyspraxie France Dys ; Avenir Dysphasie ; Corneille : le pouvoir de la lecture ; VirtySens ; Pôle pilote 100% IDT ; Pôle d’appui à la scolarisation (circonscriptions Avesnes / Valenciennes et Douai / Cambrai).

● Les enjeux actuels d’une école inclusive Acte II, pour les chefs d’établissement

Depuis 2023, les recommandations de la Conférence Nationale pour les personnes handicapées montrent un mouvement lent mais qui se construit peu à peu vers les logiques environnementales, vers une place plus grande faite à l’accessibilité sur tous les plans, et  envisagent de nouvelles modalités de travail entre secteur du médico-social et éducation nationale. Allons- nous vraiment vers une école inclusive , Acte II ? et dans ce cas quelles conséquences pour les chefs d’établissement.

Je vous propose déjà deux axes de travail pour mener à bien avec vos équipes cette évolution :

Donner toute sa place à l’animation pédagogique.

En effet, l’animation pédagogique semble avoir été oubliée, submergée par les aspects administratifs liés à la sur personnalisation des parcours. Or, si les enseignants sont démunis dans les pratiques au regard d’élèves qui les mettent en difficulté, comment les accompagnons-nous ? Peut-on penser sérieusement que des modules en visio, portant sur la connaissance des troubles et les obligations qui sont les leurs,  peuvent suffire à rendre les pratiques pédagogiques inclusives ? L’animation pédagogique portée par le chef d’établissement doit permettre de mobiliser l’équipe sur les vrais enjeux de cette transformation, de revisiter les pratiques de différenciation pédagogique en pointant ce qui est déjà là, de se déplacer collectivement vers l’accessibilité pédagogique. Pour cela, je vous propose plusieurs axes de travail :

– Recenser les ressources en interne : enseignants, AESH, élèves, familles / Quelles expériences peuvent-ils analyser, formaliser et partager  ?

– Faciliter et organiser des temps de concertation : entre enseignants, entre enseignants et AESH, entre enseignants et autres professionnels …

– Faire exister un conseil pédagogique , ou créer une équipe motrice

– Favoriser le co-enseignement, les co-observations qui constitueront ensuite un matériau à analyser et à formaliser.

– Proposer une méthode de travail pour ces temps de concertation afin qu’ils soient constructifs.

– En privilégiant l’accessibilité pédagogique, les projets personnalisés n’ont plus toujours besoin d’exister (en particulier les PAP qui contiennent souvent les mêmes indications) , en quittant la logique médicale et du droit à, alors il est nécessaire de mettre en œuvre une politique « maison » des aménagements proposés. Cela conduira à développer une logique du droit pour participer.

Les compensations liées à l’hygiène, à l’alimentation, aux déplacements demeurent nécessaires et relèvent alors de notifications de la MDPH et de la présence d’une aide humaine pour certains élèves.

Nouvelles modalités de collaboration avec le secteur médico-social

Il va s’agir de transformer des partenariats au cas par cas par des partenariats institués autour de projets fédérateurs qui chercheront à trouver les meilleures réponses ensemble aux besoins des jeunes. Pour cela :

– Connaître les ressources existantes sur son bassin, son secteur.

– Faire connaissance avec les responsables, en cela être pro actif. Solliciter des RV ; mais aussi inviter ces partenaires à des moments forts de la communauté éducative, ou  des temps pédagogiques de réflexion.

– Monter des événements festifs autour de projets par et pour les jeunes.

– Envisager des actions possibles  dans un timing donné.

 

● Nouvelle instance pour l’accessibilité

Le Conseil national consultatif des personnes handicapées lance la conférence permanente de l’accessibilité et de la conception universelle. 

Souhaitons que cette conférence contribue à mieux articuler logique de compensation et logique environnementale. Souhaitons aussi qu’elle interpelle fortement les pratiques actuelles de l’éducation nationale qui continuent à trop privilégier les adaptations individuelles au détriment de la recherche d’une accessibilité des apprentissages.

● La CUA, une nouvelle mode ?

Sommes-nous vraiment entrain de développer les logiques environnementales et de droit pour participer, allons-nous vraiment vers une école pour tous ?

La Conception Universelle des Apprentissages ( CUA)  se présente  comme une approche permettant de mettre en oeuvre la logique d’accessibilité dans les pratiques pédagogiques. Comment accompagner les enseignants dans ce changement de paradigme alors que les injonctions de personnalisation par les différents projets depuis 2005 n’ont cessé de croître ? Faut-il balayer d’un revers de main, tous les efforts de différenciation pédagogiques mis en œuvre dans les classes ?

Il me semble que nous devons  faire un état des lieux des compétences que nous avons développées ces dernières années. Qu’avons-nous appris à faire dans la mise en œuvre de la différenciation pédagogique ? dans la mise en œuvre des différents projets personnalisés ?

Dans la présentation suivante, je me propose de revisiter la différenciation pédagogique et de pointer l’existant. Je me base dans cette analyse sur les réponses communiquées par les enseignants lors d’actions de formation. A gauche du schéma se trouvent les verbes qui décrivent les actions réalisées par les enseignants. A droite se trouvent les objets de différenciation et en bas les modalités.

Tous les verbes cités sont utilisés auprès de nos élèves, plus ou moins selon nos parcours et situations. Le verbe « étayer »  est plus particulièrement employé par les enseignants spécialisés.  Nous pouvons nous interroger sur le verbe « remédier » très présent dans les pratiques car il s’inscrit bien dans une logique de compensation et situe l’action pédagogique en AVAL des situations d’enseignement /apprentissage proposées. L’idée de conception universelle implique une recherche en AMONT des obstacles et devrait permettre une diminution de l’effet de remédiation qui est coûteux en temps.

Dans les objets de différenciation, les variables temps, supports, taches et exigences constituent les bases de la différenciation. Les supports sont différenciés en termes de police, lisibilité, longueur des exercices proposés; par contre ils sont peu diversifiés. ce sont les supports écrits qui sont largement employés. Les objectifs d’apprentissage sont peu différenciés. Or, c’est  un passage obligé. La CUA va poser comme principe majeur  de maintenir des exigences élevées pour tous et pour chacun. Ce qui veut dire développer l’excellence en chacun. Est-ce la même excellence pour chacun. La notion de participation devient alors essentielle. Ce qui compte c’est que dans l’activité proposée chacun puisse participer effectivement. Cela demande donc de distinguer les niveaux de maîtrise attendus de telle ou telle compétence: c’est une première façon de voir les choses ou bien d’analyser dans l’activité proposée les compétences de bas niveau de celles de haut niveau et de voir comment en lever trop de charge cognitive mise en jeu par les compétences de bas niveau. Ce qui est sûr c’est que cette lacune contribue à un flou sur ce que l’élève apprend réellement et entretient vis à vis des parents une forme de « leurre » . Dans le schéma sur l’analyse de l’activité la première question est :  » Qu’est-ce que les élèves vont apprendre ? » Celle-ci pourrait être complétée par une qualification plus particulière pour certains élèves ( 2, 3 maximum) . Enfin les démarches d’enseignement sont massivement basées sur une approche inductive. les démarches de projet très présentes en lycée professionnel et dans certaines disciplines sont peu employées en collège. Or celles-ci, permettent de relier les disciplines, de donner du sens. Cette désaffection interroge  ou du moins témoigne d’une vision étroite de l’éducation, restreinte et qui confirment les élèves les plus favorisés, capables de faire des liens entre les savoirs et accompagnés dans leur trajectoire scolaire.

Quant aux modalités de différenciation, la personnalisation est importante du fait des injonctions données et qui s’inscrivent dans « une logique du droit à… » pour les familles. Les pratiques de tutorat, de coopération, de plan de travail restent à la marge au collège et au lycée général. Elles occupent une place presque « normalisée » à l’école maternelle et élémentaire ainsi qu’en lycée professionnel.

Comment maintenant transformer ces pratiques pour les rendre plus accessibles ?

Dans la présentation suivante, je propose  de comprendre les grands principes de la CUA en 3 diapositives. Nous constatons alors notre difficulté à utiliser simultanément ou successivement les différents canaux de perception de l’information, de  restitution et de participation. Là aussi, le constat est celui de la prédominance du support écrit élargi à différentes formes visuelles, schémas, tableaux, cartes mentales…

Dans la diapo 3 sur la CUA,, le travail sur les attentes claires, la place de l’erreur et des instructions simples et décomposées est pratiqué par de nombreux enseignants. Par contre, nous voyons que la flexibilité, la modularité et la proposition d’activités simultanées différentes  reste un grand chantier à ouvrir et à généraliser. Ces 3 éléments posent en fait la question des contraintes de notre système, très normé, de nos organisations rigides et de l’architecture des salles de classe reposant sur une vision de l’enseignement très magistrale.

Enfin si la CUA ouvre un enrichissement de nos pratiques actuelles, la vraie question de l’accessibilité repose sur la mise en évidence des obstacles que vont rencontrer les élèves dans les différentes situations proposées. Cette mise en évidence des obstacles ne va pas de soi car elle se heurte aux évidences et au « Normalement, … ». C’est ainsi que la démarche d’analyse de l’activé constitue sas doute une possibilité  de transformer les pratiques en privilégiant la focale de l’activité. Une fois les obstacles trouvés, les aides deviennent des évidences pour les enseignants. Reste à s’autoriser la possibilité de proposer ces aides à tous !

Voir la présentation complète

Il nous faut donc relier état des lieux des pratiques actuelles, pistes proposées par la CUA et démarche d’accessibilité si nous voulons que la CUA ne soit pas le dernier gadget à la mode et perde sa vision prophétique des changements de logique qui doivent s’opérer si nous actons peu à peu une véritable école pour tous. 

Véronique Poutoux.10 février 2026