● Aménager une salle de classe inclusive

Voici une fiche guide pour penser l’aménagement d’une salle de classe répondant aux besoins de sécurité, de bien être et d’accés pour tous.

Des idées assez simples auxquelles il faut toutefois penser, mais qui ne sont pas toujours réalisables dans les anciens locaux parfois contraints en termes d’espace.

Voir la fiche 

● Le guide du FALC

Publié par nos amis belges, ce guide reprend l’origine et les grand sprincipes du FALC, FAcile à Lire et à Comprendre. De nombreux exemples sont donnés. Cette piste est à creuser et à mettre en œuvre pour des élèves  en grande difficulté de lecture.
Mais comme tout ce qui concerne l’accessibilité universelle, cela peut aussi etre utile à tous !

Le guide sur falc.be 

● Conception universelle de l’enseignement

Dans un entretien avec Sylvie Cèbe, réalisé par Patrick Picard et Régis Guyon, celle-ci retrace de façon éclairée le parcours réalisé depuis l’UDL, Universal design for learning, jusqu’à ce qu’elle préfère nommer la conception universelle de l’enseignement, (et non CUA, conception universelle de l’apprentissage !) car la démarche ne cible pas directement les élèves mais interpelle les enseignants sur la conception même des activités proposées. Il s’agit en effet
 » plutôt que de multiplier les adaptations pédagogiques spécifiques et les remédiations personnalisées (souvent couteuses et peu efficaces), de concevoir dès le départ un enseignement accessible à tous et toutes. Cette démarche implique d’anticiper les obstacles potentiels que des élèves pourraient rencontrer identifier ensuite les moyens de les contourner ou de les réduire en amont. »

Elle rend compte dans cet article du travail mené en formation. Elle pointe l’importance de l’analyse de l’activité cognitive en jeu et des charges pouvant être contenues dans une séance didactique :
– la charge extrinsèque, celle liée aux informations, aux détails inutiles
– la charge intrinsèque, » liée à la difficulté de la tâche et à l’intelligibilité des informations à traiter pour la réaliser »
– la charge essentielle « liée à l’apprentissage lui-même ».

IL s’agit donc de diminuer autant que possibles les charges intrinsèques et extrinsèques pour accorder la priorité à la charge essentielle. D’où l’importance de l’analyse des activités proposées et particulièrement des savoirs qui sont en jeu dans cette séance.

Sylvie Cèbe insiste sur l’importance de guider les enseignants dans ce travail de conception.

Voir l’article

● Interroger le système !

Voilà le texte que je rédigeais à la demande du Secrétariat de l’enseignement catholique en Juin 2025 en cette année de l’anniversaire des 20 ans de la Loi. Il est bien sûr toujours d’actualité.

Interroger le système actuel

Comment dépasser les constats partagés et mitigés autour des effets produits, de ce qui a changé, de ce qui a stagné ? Comment entrer dans une nouvelle perspective d’une école pour tous ? Comment mettre en œuvre l’acte II de l’école inclusive ?
Il faudrait bien sûr interroger, bousculer le système actuel…
Il serait nécessaire de s’accorder sur un projet de société qui voudrait que son école soit équitable, qu’elle soit fondée sur la coopération plutôt que la compétition…
Il s’agirait d’une école qui s’éloignerait de la norme, d’une organisation en classes d’âge, en emplois du temps peu flexibles, qui mettrait en œuvre des modalités d’enseignement différentes, qui cesserait de donner le primat aux évaluations certificatives et revisiterait les contenus d’enseignement…
Tout cela sera long et repose sur des décisions politiques courageuses et éclairées. Pour autant, les initiatives des différents acteurs qui font évoluer à bas bruit les pratiques, travaillent à ce projet humaniste qui vise le développement du plein potentiel de chaque personne dans toutes ses dimensions et dans une altérité reconnue comme essentielle.
Vivre et apprendre ensemble, semblables et différents… Telle pourrait être la ligne directrice.
Alors quelles directions se donner dans nos établissements, auprès des équipes, dans les diocèses, au sein des réseaux congréganistes ?

  • Tout d’abord faire revivre une animation pédagogique du quotidien, en faire le cœur du réacteur des établissements. Mobiliser de petites équipes qui développeront l’accessibilité pédagogique, en diminuant la personnalisation et la remédiation mais en cherchant les obstacles en amont et en proposant des aides pour tous. Pour cela, faire un état des lieux et valoriser les savoirs expérientiels accumulés depuis 2005 au travers des aménagements et des divers projets mis en place (PAP, PPRE et PPS ) Accompagner des temps d’analyse des activités proposées aux élèves et apprendre à concevoir des séances rendues accessibles pour tous. Promouvoir auprès des familles une politique « d’aménagements maison » pour tous avec des pratiques pédagogiques qui visent la participation de chacun au sein d’un collectif à géométrie variable.
  • Il y a aussi à viser la transformation d’un collège « unique » en un collège pour tous où différents parcours seraient possibles et contribueraient à la construction de la personne pour une orientation choisie.
  • Dans ce processus de développement de nos jeunes, les liens avec les possibles de l’insertion professionnelle sont à étoffer ; à construire parfois, à inscrire vraiment dans un travail d’accompagnement et de « sur mesure ».
  • Dans le domaine de la formation, la question de l’accessibilité pédagogique doit devenir centrale. Il ne s’agit plus trop « d’enseigner » les dispositifs réglementaires mais de coconstruire des séances d’enseignement qui permettent à chacun de « participer » en proposant des aides. Les transformations actuelles de la Formation Initiale, bien que proposées dans l’urgence, permettront sans doute de s’emparer de cette question de l’accessibilité, de la recherche d’obstacles dans les dimensions pédagogiques et didactiques.
    En formation continue, il s’agit d’accompagner un travail de terrain portant sur le cœur du métier dans l’analyse des consignes, des activités pédagogiques, des séances… Proposer à des enseignants volontaires des temps et des méthodologies d’analyse sur lesquelles ils pourront s’appuyer et contribueront à essaimer ces changements de vision auprès de leurs collègues. Des initiatives comme des « Résidences de formation» sont à explorer.
  • Enfin nous assistons déjà à une véritable transformation des appuis du médico-social. L’enseignement Catholique se doit d’être pro actif dans les territoires : connaître les ressources possibles ; au-delà des aspects institutionnels (importants certes) faire connaissance avec les personnes… Ne sommes-nous pas des promoteurs des personnes ? Oser construire des projets qui permettent aux jeunes de se rencontrer, de vivre des événements ensemble… L’acte II de l’école inclusive ne se fera que si nous sommes convaincus que tout jeune a sa place à l’école et que cela va demander d’inventer, d’articuler autrement ressources spécialisées et ressources ordinaires afin qu’elles soient toutes au service de l’école. Les EMASCO et les PAS vont dans ce sens. A nous de dépasser une vision campée sur la seule présence des AESH3, sur un cloisonnement entre les différents soins produisant des emplois du temps peu respectueux des jeunes et des familles. Osons d’autres relations avec les instituts médico-sociaux.

Finalement, rien ne pourra se faire sans une confiance accordée aux acteurs de terrain accompagnés, sans imaginer de nouvelles modalités de travail pédagogique, et d’organisations plus modulaires et flexibles.
Rien ne pourra se faire si nous ne cherchons pas à transformer les liens entre établissements scolaires et instituts spécialisés, entre écoles et monde du travail.
Ce défi d’une école pour tous demande de nouvelles audaces pour travailler à un projet d’une société fraternelle qui met en mouvement altérité, identité et diversités. Une belle dynamique pour aller vers l’essentiel, non ?

1 PAP : projet d’accompagnement personnalisé/ PPRE : programme personnalisé de réussite éducative/ PPS : projet personnalisé de scolarisation)
2 Sur le principe des « Résidences d’artistes » se crée un projet d’accompagnement régulier sur place et de co-construction des réponses : observations mutuelles analysées, auto-confrontations…
3 EMASCO : Equipe mobile d’appui à la scolarisation/ PAS : Pole d’appui à la Scolarité/ AESH Accompagnant

 

● EMAS et PAS

Après la circulaire sur les PAS, voici celle sur les EMAS (équipes mobiles d’appui à la scolarisation)  publiée le  4 septembre 2025, par le ministère du travail,  de la santé et des solidarités.
Cette circulaire et ses annexes montrent la mise en œuvre du changement en cours dans la présence dans les établissements scolaires des « ressources spécialisées » s’articulant avec les ressources éducation nationale.

Il est recherché par ces deux dernières circulaires, une première réponse à apporter aux élèves, aux enseignants et aux familles, dans des situations difficiles qui pénalisent fortement une dynamqiue inclusive dans les classes et les établissements.

Cette dernière circulaire modifie donc les missions des EMAS, ajoutant la possibilité d’interventions directes auprès d’élèves en subsidarité de celles qui pourraient être apportées par d’autres professionnels. Il est recherché à la fois,une  réactivité afin de ne pass laisser des situations s’envenimer et une coordinnation PAS /EMAS/ établissements scolaires et EMAS  et professionnels libéraux si les moyens de l’établissement médico social sont insuffisants.

La mise en œuvre se fera de façon territoriale, ce qui peut laisser prévoir des différences d’organisation , de mise en œuvre des moyens… , et sur le budget des 50 millions d’euros liés aux engagements de 2023 et couvrant la période 2023/2030 … Espérons que ces deux circulaires soient facilitatrices de réponses effectives auprès des élèves, des familles et des enseignants.

Lire la circulaire : https://www.versunecoleinclusive.fr/wp-content/uploads/2025/09/circulaire-EMAS.pdf

● Il se passe quelque chose de nouveau…

Il se passe quelque chose de nouveau dans votre école, votre établissement pour développer l’école inclusive… Alors, à vos mails*… pour nous en faire part… Nous raconter  votre aventure … 

Nous pouvons vous contacter par téléphone pour que vous nous racontiez tout cela de vive voix et nous nous chargeons de retranscrire votre récit… Cela peut aussi consister à partager quelques photos avec un commentaire bref…

Vous avez envie de montrer qu’il se passe quelque chose et que nous ne résignons pas mais avançons peu à peu…

Merci pour nous tous….

*ou dans le bloc « commentaires » en bas de cette page. Les commentaires sont modérés, c’est-à-dire qu’ils ne sont apriori pas publics).

. Le cœur battant d’une classe !

Au-delà de tous les questionnements légitimes qui se posent en cette rentrée, ne faut-il pas rappeler que chaque classe est avant tout un collectif qui va se découvrir en ce début septembre, va se construire et vivre de longs moments ensemble, enfants, adolescents et adultes ?

Les premières heures passées ensemble ont pour chacun un impact fort… en termes d’énergie, d’anxiété, de plaisir, d’intérêt… de découvertes mutuelles, de place faite à chacun, de mise en relief des particularités et de ce qui nous réunit.

Les enseignants en maternelle et dans les petites classes y prêtent sans doute une attention plus particulière mais comment à tous les niveaux de la scolarité faire une place à tout ce qui pulse en chacun ? Ce qui nous habite pleinement et qui ressemble au non visible des icebergs… Ce qui en fait, est exclus, comme si cela n’existait pas. Comment mettre en mouvement tous ces cœurs, favoriser leur ouverture, permettre que les fonctions cognitives, si reliées au monde intérieur, émotionnel de chacun soient dans les meilleures conditions ? Comment contribuer ainsi à développer l’intégralité de chacun, dans sa vulnérabilité propre et ses forces non quantifiables mais non moins essentielles.

A chaque enseignant d’assurer ce que nous pouvons nommer  un climat sécure, où les règles du vivre et apprendre ensemble, semblables et différents, sont connues, détaillées, servent de référence. Des réflexions d’enfants cet été m’ont interpellé. Elles énoncent des angoisses particulières, si je ne retrouve pas ma place, ma classe ? Si je ne sais plus quel cours va suivre ? Si je n’ai pas pris mes bons cahiers ? Mais aussi, elles disent leur  attention à la justice, et à leurs camarades les plus en difficulté, leur empathie tout à fait présente… (les cours d’empathie ont-ils déjà eu autant d’effet ?) En tant qu’adulte, nous n’imaginons pas toujours la richesse des réflexions, le bon sens possible et tout ce monde intérieur si riche, si vivant qui habite le cœur, l’esprit de nos enfants. Nos propres peurs nous empêchent de laisser s’installer la confiance nécessaire mutuelle pour un vivre ensemble apaisé. Entre posture de contrôle excessive, dictée par nos peurs et laisser faire, la posture de l’enseignant accompagnateur qui s’appuie sur les ressources des élèves est celle qui favorise compréhension, écoute et responsabilité de tous.
La mise en projet de la classe pour l’année est essentielle : mise en projet à laquelle les élèves seront partie prenante. Qu’apprendrons-nous ensemble ? Que ferons-nous ensemble ? Comment se dérouleront nos journées ? Quelles sont les limites que nous devons tous respecter ? Que pouvons -nous construire ensemble… Ce début d’année est vraiment le moment clé pour mettre en avant le respect de chacun dans ce qu’il manifeste et dans le non manifesté, la coopération constitutive du vivre ensemble.

Reconnaitre les cœurs battants en chacun, mystérieux, pour ne plus exclure cette part fondamentale de l’être humain, c’est bien travailler à une éducation intégrale qui ne sert pas la compétition individuelle mais la recherche commune du développement des qualités de chacun à épanouir dans un collectif coopérant, sécure et dynamisant. L’école inclusive nous oblige à cet autre regard, à cette vision intégrale de la personne.

C’est dans nos actions quotidiennes, que les enseignants, les parents, les éducateurs réveilleront le meilleur en nous : « le rire des enfants, le songe des amants, la patience des misérables, le génie des mères. » (C. Bobin Extrait entretien avec F.Busnel dans La grande librairie) …  « Il s’agit de faire revenir le sang dans le tout de cette société… quelque chose entre résurrection et insurrection. »

 

Véronique Poutoux, le 29 août 2025.