Editos

. S’initier à la langue des signes .

  • S’initier à la langue des signes.

Belle initiative que celle prise par une association de parents d’élèves, qui a proposé plusieurs soirées où parents et enfants s’initiaient ensemble à communiquer en langue des signes. Voici ce que nous livre la présidente de l’Association:

« L’école inclusive et le handicap : En quoi les APEL( Associations des parents d’écoles libres) d’établissements peuvent-ils être utiles ?

En février 2019, l’APEL Notre Dame des Anges (Lyon 7eme) a décidé d’organiser une soirée d’initiation à la « Langue des signes » en partenariat avec le réseau VISUEL.
L’objectif était de réunir enfants (de 3 à 11ans) et parents de l’école pour initier et sensibiliser chacun à la « différence ».

La soirée a rencontré un véritable succès, en quelques jours les inscriptions ont fait le plein.

Victime de son succès, L’APEL de l’école a alors décidé de programmer 2 nouvelles sessions de formation en mars 2019 pour permettre au plus grand nombre de participer.

Ces soirées, gratuites pour les familles adhérentes de l’APEL, ont réuni pas moins de 60 personnes, parents et enfants confondus.
Ce fut de merveilleux moments d’échanges, une ouverture aux autres et surtout une approche différente du « handicap ».

Les Associations de parents d’élèves ont un véritable rôle à jouer pour participer au devenir de l’école de demain et tendre de plus en plus vers une école inclusive.

Voici quelques photos.

Lauriane Imbert- Wisniewski

• Chasseurs d’images (d’inclusion)

L’éducation inclusive  s’inscrit dans une société inclusive…

Photographie prise à Anglet, le long de la promenade côtière accessible en fauteuil, poussette, patins, tricycles,…

Au début du mois de mai 2018, alors que je randonnais au pays basque, j’ai dévié de mon chemin pour expérimenter un spot de parcours de santé, comme on en trouve de plus en plus aux abords des plages, des forêts et des parcs.

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir, parmi les autres, une machine de fitness adaptée aux personnes se déplaçant en fauteuil roulant, assortie de son mode d’emploi…

Ce bel exemple d’inclusion sportive me donne l’idée de lancer ce partage sur notre site.
Comme l’an passé, nous vous invitons donc à profiter de cet été 2019 pour diffuser de belles initiatives d’inclusion au fil de nos promenades en ville, à la campagne, à la mer ou à la montagne …

Alors… à vos appareils photos, smartphones ou tablettes et envoyez-les en indiquant le lieu de prise de vue sur l’adresse images@versunecoleinclusive.fr

Retrouvez les photos partagées sur cette page.

Bonnes vacances
Bénédicte Dubois

Photographie prise à Anglet, le long de la promenade côtière accessible en fauteuil, poussette, patins, tricycles,…

Photographie prise à Anglet, le long de la promenade côtière accessible en fauteuil, poussette, patins, tricycles,…

Photographie prise à Anglet, le long de la promenade côtière accessible en fauteuil, poussette, patins, tricycles,…

• Les mots avant gardistes des évolutions à venir ?

Les mots et expressions changent et peu à peu s’installent, se répandent, se remplacent, se parlent sans que nous ne mesurions forcément ce qu’ils contiennent vraiment. Ils portent en eux-mêmes, en avant garde des changements de représentations, de pratiques… De nouveaux mots peu à peu s’imposent, d’autres s’oublient.

Mais pour nous qui les utilisons, avons-nous toujours conscience de tout ce qu’ils contiennent ? Ne les détournons-nous pas pour les cantonner à nos territoires de pensées connus ? Au final, nous ne les laissons pas agir vraiment et porter les changements qu’ils contiennent.

Ainsi, par exemple, intégration et inclusion, handicap et besoin éducatif particulier, école inclusive et éducation inclusive …

  • Intégration, inclusion… A l’école élémentaire, les classes de perfectionnement deviennent des CLIS (Classe d’intégration scolaire) en 2002, et des ULIS (Unités localisée pour l’inclusion scolaire) en 2015.Les élèves en situation de handicap peuvent être “intégrés” en classe ordinaire, ou en CLIS, selon la bonne volonté des équipes enseignantes et c’est à l’enfant de s’adapter à l’école. L’ULIS marque le passage fort de lieux séparés et plus ou moins fermés dans l’école à un dispositif souple, ouvert. La CLIS traite les difficultés, répare, permet à l’élève de s’adapter à l’école. Elle est comme une structure qui marque cette logique encore à l’œuvre de la séparation, et de la réparation.  L’ULIS doit apporter des ressources aux enseignants, aux éducateurs, aux élèves pour que ceux-ci puissent participer au mieux aux activités proposées au sein du groupe classe. L’ULIS doit faciliter l’inclusion globale de l’élève qui a des besoins éducatifs particuliers. Il ne s’agit pas seulement de réaliser des “inclusions” dans la classe de référence par doses plus ou moins grandes en fonction des possibilités de l’élève ou de l’acceptation par les enseignants des demandes du coordonnateur. Il s’agit de concevoir les aides les plus ajustées aux besoins de l’élève dans les différentes situations rencontrées au cours d’une journée de classe, d’une année d’école. Les enseignants font toujours au mieux dans le système dans lequel ils sont. Certains précurseurs, analysant leurs pratiques et voyant les dérives, tentent de faire advenir de nouvelles pratiques qui sont interrogées par les chercheurs et conduisent à des changements profonds… Ce sont les pratiques dans un contexte donné qui amènent les évolutions d’idées et d’aspirations. Loin de moi l’idée de critiquer ce qui a été proposé pendant un temps aux enfants des CLIS ; mais la question est celle du changement et des résistances qui se développent, cultivent des nostalgies et ne comprennent pas les mots qui portent ces évolutions. Ainsi avec le mot inclusion, le sigle ULIS, d’autres mots émergent tout aussi importants tels que participation, aides, accessibilité.
  • L’école inclusive est cette école qui scolarise tous les élèves, et tente de développer des situations d’enseignement/apprentissage qui favorisent la participation de tous en mobilisant au mieux toutes les ressources, celles de l’élève lui-même, des élèves, des enseignants pour que chacun développe au mieux son potentiel et puisse à terme trouver sa place dans une société devenue inclusive. Il n’y a plus un enseignant par classe, ou un enseignant par matière, mais une équipe responsable de la participation de tous les élèves aux propositions éducatives et pédagogiques. Ce ne sont plus les ULIS, c’est Antoine qui est en 4eme et qui bénéficie des ressources que peut lui apporter le dispositif ULIS. L’école inclusive doit mettre en œuvre une éducation inclusive, qui est plus globale, qui considère chaque être humain au-delà de ses seules performances scolaires, ou plus tard professionnelles, qui prend en compte ses intérêts, ses talents particuliers, ses fragilités aussi. Si nous voulons effectivement développer au sein de l’école et de la société, une éducation inclusive, cela demande de reconnaître que les parents, les copains, les personnels médicaux, para-médicaux, les AESH (Assistant d’éducation pour les élèves en situation de Handicap) sont des acteurs à part entière de ce défi. Cela demande de réaliser que les seuls apprentissages “scolaires” contribuent avec d’autres situations à entretenir toujours le moteur de l’apprendre qui fonde l’être humain. Entendons-nous bien, apprendre, ici désigne toute situation vécue de laquelle je vais développer un nouveau savoir, savoir-faire ou savoir être… Et c’est bien dans ce développement que se construit chaque individu. Si les atteintes physiologiques, psychiques, relationnelles… sont très importantes, l’éducation inclusive vise à créer du développement, de la croissance en dehors des formats normatifs, en nous obligeant à regarder ailleurs et autrement la personne, à concevoir un environnement qui permette au sujet d’advenir tel qu’il est et aux autres personnes à vivre avec lui ou elle comme une personne. Nous le voyons, cela suppose de partager des valeurs humaines de respect, de dignité, de reconnaissance de l’altérité. L’éducation inclusive n’est pas uniquement là pour apporter un mieux-être aux enfants et aux personnes en situation de handicap mais bien pour éduquer chacun de nous à ce nouveau regard, à une autre façon d’entrer en relation, à nous permettre de vivre pleinement ces valeurs de fraternité, de fragilité partagée, et de création toujours renouvelée.

Véronique Poutoux, rédactrice en chef, 30 mars 2019.

 

• Être ensemble autour de l’élève

Que ce soit durant les différents conseils de classe, les équipes éducatives ou équipes de suivi de scolarisation, pour de nombreux élèves et leurs parents, l’inquiétude se fait sentir en cette période de l’année.

Que deviendra leur enfant l’année prochaine ? Une maman écrivait sur le site : Je ne comprends plus, on m’avait dit qu’il irait en 6eme ordinaire et puis maintenant on me dit qu’il faut qu’il aille en SEGPA.

De l’inquiétude, du désarroi, voire de l’angoisse… de part et d’autre: parents, enseignants et différents professionnels. La peur mutuelle ne peut être constructive. Que va-t-on dire, que va-t-on entendre ? Comment alors mieux préparer et vivre ces rencontres parfois cruciales ?

La première étape est sans doute de se rappeler que chacun est là non pour défendre son point de vue mais pour chercher ensemble ce qui sera le mieux pour le jeune. Cela suppose d’accepter d’être déplacé dans son jugement.

Que ce soit l’enseignant qui pensait à un changement d’établissement ; que ce soit le parent qui ne veut pas entendre parler d’une orientation dans l’enseignement professionnel alors que leur enfant a défini son projet ; que ce soit un autre professionnel qui ne voit pas les progrès réalisés au sein de la classe, au contact des autres enfants. Nous nous devons de prendre en compte les observations les plus précises de chacun des interlocuteurs dans les différentes situations, en classe, avec ses camarades, ses loisirs, son suivi médical… Nous nous devons aussi d’entendre ce que le jeune peut dire de son souhait, son projet.

il est souvent nécessaire de donner du temps car les représentations des uns et des autres peuvent fausser la réflexion. Que représente pour un parent un dispositif ULIS ou section Bac Pro ARCU, ou bac STMG ? Comment développer une plus grande compréhension de ce que vivent les parents, des projections nécessaires qu’ils construisent pour leur enfant.

Nous le voyons, ce travail nécessite des rencontres et non une seule, cela doit donc être anticipé. Il est aussi indispensable de veiller au vocabulaire employé et de s’assurer de la compréhension de chacun. Enfin, vouloir forcer une décision conduit à un ressenti qualifié parfois de “couperet” violent, qui ne pourra donc être partagé.

L’école n’est plus dans une attitude de surplomb et de toute puissance ; cela donne aux enseignants des occasions pour développer de belles qualités d’empathie, de compréhension mutuelle, d’ajustement du vocabulaire. Les parents seraient-ils devenus les nouveaux maitres du jeu et décisionnaires ? L’évolution conduit à développer des logiques d’acteurs et de partenaires et non plus des logiques d’assistanat… L’élève n’est plus un objet de soins mais un sujet. Il en est de même pour les parents et nous avons à reconnaître leur responsabilité pleine et entière dans l’accompagnement de leur enfant. Ainsi c’est bien dans une relation de confiance mutuelle, il faut s’en donner les conditions, espace, temps, que nous pouvons envisager ces rencontres comme des espaces de dialogue, de co- construction d’une décision que nous souhaitons être la meilleure. Cela n’exclut pas des désaccords, c’est même assez normal. Il convient alors de nommer ces désaccords… Sans pour autant en conclure que tout dialogue est interrompu… Pour le moment, notre désaccord porte sur…  Mais nous sommes d’accord sur … Pouvons-nous prévoir une prochaine rencontre …

L’école inclusive est une école des relations. Nous apprenons sans cesse des uns et des autres.

Il nous faut passer d’un campement de certitudes établies sur telle ou telle orientation à un espace ouvert de possibles parfois inattendus.


Véronique Poutoux, rédactrice en chef, 15 février 2019.

• A nous tous éducateurs, parents, enseignants…

A nous tous éducateurs, parents, enseignants… deux questions essentielles : Aimons-nous assez le monde ? Aimons-nous assez nos enfants ?

Il nous faut naviguer en plein brouillard dans cette période où le sentiment d’exclusion engendre colère et violence, où les réformes proposées ne sont pas vraiment lisibles et génèrent beaucoup d’angoisse chez les élèves, leurs familles, chez les enseignants et les équipes de direction. Comment rester confiants, engagés pour transformer les pratiques éducatives et pédagogiques avec les acteurs de terrain pour une école qui travaille à un vivre et apprendre ensemble et différents ? Comment continuer à aimer le monde dans lequel nous vivons ?

Les fossés entre les uns et les autres sont réels et conséquents… Des tranchées de la grande guerre  de 14/18 dont nos grands parents témoignaient, dans toutes leurs lettres, de l’atrocité vécue et de l’amour de leur famille et de la patrie, nous voilà à regarder en direct toutes ces explosions de violence dans nos villes qui opposent gilets jaunes, casseurs, et forces de l’ordre. Nous voilà pris à écouter des débats stériles qui montrent les clivages entre les élites politiques et technocrates, et les partisans d’un nouveau modèle économique qui concilie justice sociale, équité et  soin de notre planète. Nous voilà glacés sur place des images d’attentats diffusées en direct. Les hommes et femmes abattues le sont réellement. Nous sommes donc bien dans une guerre des exclusions, des uns contre les autres… Quand se retourneront tous ces dos à dos qui n’arrivent plus à se parler ? Jusqu’où irons-nous dans cette folie  de séparations , dans l’ouverture de toutes ces blessures  des différentes exclusions activées, réactivées, dans la multiplication de propos menaçants, diffamants…

Les macro systèmes, les institutions ne  jouent plus leur rôle de garantir un vivre ensemble. Faut-il y voir l’achèvement d’une société individualiste, de consommation, qui ne sait plus donner un sens à cette vie ?

Comment avoir une parole qui concilie, qui permette que la recherche du bien commun, la préservation d’un vivre ensemble assis sur une altérité devenue mature soit le moteur d’un projet de société à inventer ? Dans un projet pour les citoyens du monde que nous sommes appelés à être ?

Qui pense dans ce magma si confus à ce que ressentent, comprennent et vivent tous ces enfants, ces adolescents ? Que voient-ils de nos comportements adultes ? Quels impacts sur ce qu’ils sont entrain de construire ? Hannah Arendt écrivait  dès 1954 dans son ouvrage, la crise de la culture,

L’éducation est le point où se décide si nous aimons assez le monde pour en assurer la responsabilité et, de plus le sauver de cette ruine qui ne serait inévitable sans ce renouvellement et sans cette arrivée de jeunes et de nouveaux venus. C’est également avec l’éducation que nous décidons si nous aimons assez nos enfants  pour ne pas les rejeter de notre monde, ni les abandonner à eux-mêmes, ni leur enlever leur chance d’entreprendre quelque chose de neuf, quelque chose que nous n’avions pas prévu, mais de les préparer à la tâche de renouveler un monde commun.

A nous tous éducateurs, parents, enseignants, elle nous pose deux questions essentielles: Aimons-nous assez le monde ? Aimons-nous assez nos enfants ? Il semble bien qu’aujourd’hui, nous n’aimions plus notre monde, nous sommes désemparés… Nous aimons nos enfants  et si le renouvellement de ce monde commun apparait bien comme l’urgence actuelle, comment alors les préparons-nous à cette tâche?  Si nous aimons suffisamment nos enfants, pouvons-nous protéger les plus jeunes de ces images ? Pouvons-nous dialoguer avec nos adolescents ? Pouvons-nous parler entre nous du sens que nous voulons donner à notre vie pour mieux aimer le monde ? Donnons- nous à vivre dans les lieux où nous sommes, d’autres exemples de projets partagés riches de nos diversités, justes et équitables ? Ces communautés de vie qui  sont actives dans de nombreuses écoles sont des lieux qui réconcilient l’amour du monde et l’amour des enfants, qui  ouvrent des possibles d’avenir. Elles sont des lieux qui n’abandonnent pas les enfants à eux-mêmes, qui leur apprennent à entreprendre  ensemble du beau, du neuf. Elles sont des graines d’espoir dans ce paysage si meurtri, graines d’espoir pour un renouvellement du monde.

Véronique Poutoux, rédactrice en chef, 12 décembre 2018.

L’école de la confiance, c’est par ici !

Il y a les discours des hommes, des femmes politiques sur l’école qui sont bâtis sur leur propre histoire scolaire qui induit leur propre conception de l’enseignement, sur leurs positions idéologiques liées à leur appartenance politique et leur souci toujours présent d’être compris. Concrètement, comment comprendre l’école , développer une vision  d’avenir et d’ajustement aux problématiques rencontrées, lorsque le passé scolaire de nos responsables politiques  n’a pas de passif, ni ne les ont conduit à être exclus du système scolaire ?

Pour certains, c’est si simple de faire cours, il suffit d’avoir de l’autorité, c’est le charisme de la personne qui intervient alors.

Pour d’autres, c’est si simple  de faire cours, il suffit de faire autorité ! C’est alors la maitrise du contenu qui suffit et répondra de toutes les situations ! Et pourtant ces deux dimensions, sans conteste essentielles, ne suffisent pas, et les enseignants  de nos écoles, collèges et lycées le savent bien. La tentation, nous la voyons actuellement complétement à l’œuvre, consiste à s’allier aux discours scientifiques et technologiques pour légitimer les politiques éducatives.

Comme ce serait rassurant de définir une école qui pourrait fonctionner comme une entreprise et éditer tous ces critères de rendement et d’efficacité qu’il suffirait ensuite de valider !

Comme ce serait rassurant de définir toutes les méthodes à suivre à la lettre par les enseignants, parce que les responsables politiques s’appuyant sur des connaissances scientifiques , qu’ils transforment pour la circonstance en données définitives, dicteraient les pratiques pédagogiques sans qu’aucun d’eux ne se soit essayé à tenir une classe d’enfants de maternelle plus d’une heure !

Pour le moment, il n’y a rien de rassurant que ce sentiment diffus de propositions  qui ne sont pas toujours fondées, de réformes qui se succèdent au gré des changements politiques et mettent bien à mal les acteurs et les usagers de l’école.

Comment penser que  l’humain, et l’éducation puissent se résoudre en protocoles ? Non,  le métier d’enseignant est bien situé dans l’observation, la recherche qualitative et créative de nouvelles propositions, de nouveaux chemins d’accès aux savoirs. Si les neurosciences cognitives nous fournissent des clés de compréhension dont nous ne  disposions pas, il y a encore quelques années, elles ne contiennent pas à elles seules tous les paramètres d’une progression d’un apprentissage à conduire auprès de 25 à 30élèves différents. Ce que ne disent ni les responsables politiques, ni les discours médiatiques, c’est la vie quotidienne de toutes ces classes, de tous ces élèves, de tous ces enseignants et de tous les acteurs de l’école qui travaillent à améliorer le climat scolaire, à mettre en œuvre des pratiques de coopération, à prendre en compte les besoins spécifiques de certains élèves ; qui  préparent consciencieusement les activités à proposer pour “accrocher” le désir d’apprendre ensemble , de réussir ensemble sans laisser personne de côté. De plus en plus d’enseignants, sont bien en prise avec le réel des classes, les défis qu’ils ont à relever et qui rendent le métier passionnant quand on le connaît de l’intérieur.

Nos élites politiques maintiennent, à leur avantage, le  paradoxe entre la vision d’une école élitiste ( qui permet de dégager l’élite) et la vison d’une école égalitaire, sans avoir compris que l’école inclusive, telle que nous la définissons,  travaille au développement de tous les potentiels et surtout ne produirait plus autant d’élèves exclus , ne favoriserait pas des sociétés à plusieurs vitesses. La superbe complexité qui nous est donnée dans une mutation si polymorphe devrait nous obliger à poser un vrai projet collectif d’éducation globale qui donne la direction, qui ferait “confiance” vraiment aux acteurs du quotidien et qui mettrait en œuvre des dispositifs d’accompagnement des équipes travaillant avec elles à partir de leurs questions rencontrées.

C’est peut être ainsi que pourrait se construire “l’école de la confiance “pour notre pays ?

Mais déjà, ici et là, cette école existe parce que des équipes, confrontées à des défis qu’elles voulaient relever, ont monté des projets d’alliance éducative, de recherche pédagogique, de créativité. Ces écoles avancent sans faire grand bruit avec cette passion à enseigner, cette joie de la présence auprès des élèves et du travail mené ensemble, ce désir de transformer leurs vieilles salles de classe et de dépoussiérer leurs formats pédagogiques.

Véronique Poutoux, rédactrice en chef, le 18 octobre 2018.

 

Photo prise à l’atelier des Lumières Paris . Exposition/Immersion dans Hundertwasser.

• Noam est d’abord un garçon, un élève…

Nous entendons encore parler des élèves ainsi : les Ulis, les handicapés, les BEP… Nous avions entendu d’autres termes, idiots, débiles, imbéciles… termes datant du 18ème ou 19ème et qui ont continué à résonner dans différents lieux. Ces raccourcis témoignent des relations que nous établissons avec des personnes, des élèves, des enfants qui présentent un déficit d’autonomie dans leur vie quotidienne.

Pouvons-nous enfin accorder notre expression aux fondamentaux anthropologiques qui distinguent tout homme d’un objet, qui ne nous autorisent pas à réduire une personne à une catégorie ?

 

 

SI la publicité suivante cherche bien à récolter des fonds pour la recherche, l’entrée par le trouble de Noam nous empêche de voir que Noam est d’abord un garçon, un élève en CE2… pour qui l’équipe va trouver des aides pour lui permettre de suivre au mieux la vie de sa classe en développant son autonomie….

 

Les 2 nouveaux termes que j’entends actuellement sont “les Ulis” ou les “BEP” ! Quel étrange raccourci ! Quelle paresse de notre part !

Or, il s’agit d’élèves qui ne sont pas complétement autonomes dans leur vie quotidienne et dans les apprentissages qu’ils vont construire à l’école. Prenons donc la peine d’accorder notre langage au respect de la dignité de chacun et parlons de cet élève qui est en 4eme et qui va par moments en Ulis, de cet élève qui est aidé dans sa classe par son enseignant, d’autres élèves…

Ces besoins d’aides, qu’elle qu’en soit l’origine, peuvent se produire à n’importe quel moment de la scolarité, ou exister tout au long de la scolarité ; ils peuvent être plus ou moins importants, nécessiter différents types d’aides. En fait, il nous faut penser la question de l’autonomie de l’élève et envisager les aides en vue d’une amélioration de cette autonomie. Un élève qui a des besoins éducatifs particuliers a donc des besoins d’aides, variables et différents dans le temps et suivant les lieux. Il nous faut bien interroger leur pertinence et leur maintien. Les équipes de suivi de scolarisation, ou les équipes éducatives doivent bien prendre en compte cette question en vue de faire évoluer les différents projets individuels ou aménagements. Il nous faut aussi entendre le point de vue de l’élève et de sa famille. En particulier, nous pouvons aussi être devant des situations difficiles quand l’élève ne veut plus d’aides. Comment là aussi, entendons-nous son expression ? Comment la prenons-nous en compte ? Restons-nous dans une attitude d ’emprise de par notre statut de professionnel ou accompagnons-nous le sujet dans le respect de son choix ? Nous touchons là, cette question de l’éthique relationnelle au sein de l’école, au sein des classes, dans les partenariats…

Le changement de paradigme de cette éducation inclusive, appelle cette réflexion et ce respect du sujet, de chacun des sujets ; nécessite aussi notre vigilance dans notre façon de parler et notre analyse pertinente pour adapter au mieux les aides en fonction des différents contextes présents au sein de l’école.

Véronique Poutoux, rédactrice en chef, le 6 juin 2018.

•L’école inclusive, Tous acteurs !

L’école inclusive nous concerne tous, quel que soit notre rôle dans l’établissement. En effet, si les enseignants qui interviennent en réseau d’aides, si les coordinateurs d’ULIS, si les enseignants de SEGPA apportent des ressources complémentaires à l’établissement, chaque enseignant aujourd’hui  rencontre des élèves qui ont des besoins d’aides plus ou moins importants et apporte des réponses dans le cadre de la classe. Les chefs d’établissement sont par ailleurs les garants et facilitateurs de cette prise en compte de la diversité des élèves. Les  cadres d’éducation contribuent aussi à prévenir, accompagner, permettre  qu’un climat de bienveillance, d’entraide se vive au sein des établissements.

Nous souhaitons donc cette année, que le site se fasse davantage l’écho des pratiques  des différents acteurs, de leurs initiatives, de leurs outils… Si nous partageons la conviction que l’école inclusive, est un chantier passionnant qui redynamise le métier, ce site peut alors permettre échanges, partage, mutualisations… Nous vous proposerons sous peu des espaces appropriés et dès aujourd’hui, des modalités de collaboration interactives.

En cette période de rentrée, rappelons-nous que l’école inclusive ne peut pas être une école de la compétition mais bien celle de la coopération engagée, proposée, vécue dans toutes les classes, entre les adultes et entre les élèves. Comment donner cette impulsion, affirmer cette direction ? Cela ne demande-t-il de penser autrement journée de pré-rentrée des enseignants, premières heures de cours ? Ce qui est vécu lors de ces premières heures prend beaucoup d’importance pour les élèves. Comment poser les bases  d’un fonctionnement de classe qui favorise le bien vivre et apprendre, ensemble et différents ?

  • La notion d’entraide et d’aide peut-elle être dès le début expérimentée, explicitée ? En effet, ensuite, il sera alors normal de se déplacer pour utiliser les aides mises à disposition par l’enseignant. Pour cela, pourquoi ne pas envisager une situation qui permettra aux élèves d’agir ensemble et de s’entraider ? Poursuivre ensuite régulièrement des temps de co-travail par 2, de co-évaluation ? Lors de chaque séance, penser en amont les obstacles possibles et les aides à proposer à tous ( référents mémoire, indices de compréhension… décomposition  de consignes en étapes successives…)
  • La question “être semblable et différent” peut-elle engager une classe dans une réflexion qui permettra ensuite une meilleure compréhension des uns et des autres, une ouverture sur autrui , que ce soit dans le domaine des capacités, de la culture, de la religion ? … Afin de prévenir stigmatisation, moqueries, harcèlement, mises à l’écart… Quelles situations proposer ? Quels supports ? ” La petite casserole d’Anatole” version album de jeunesse mise en vidéo, pour les élèves du primaire, 6ème... Une version vidéo pour les collégiens, constituent de très bons supports… De même, “Mon petit frère dans la lune” à choisir pour des plus jeunes…
  • Faire de ces premières heures un moment  qui surprend, étonne, donne envie de s’engager ensemble dans l’année qui vient. La réussite sera celle de la classe et non plus celle de quelques élèves.  Ken Robinson dans son message de rentrée nous invite à cette créativité, celle qui nous épanouit, qui met en projet et qui fait tant de bien aux élèves.  Quelles surprises allez vous réserver à vos élèves ? Comment pouvez-vous aussi valoriser leur réussite, leur progrès ?

Voici donc quelques pistes pour démarrer votre rentrée pour une classe inclusive. A votre tour, faites-nous part de vos essais, expériences… Une photo et sa légende, une courte description de ce que vous avez proposé…
Une page interactive dédiée (Padlet) a été ouverte à cet effet :  https://padlet.com/versunecoleinclusive/
L’icône   en bas de page du padlet vous permettra de déposer votre contribution

Cela vous prendra quelques minutes… et profitera à tous, car nous sommes Tous acteurs de cette transformation.

• Formulaire MDPH, sept 2017

Voici le formulaire CERFA proposé en cette rentrée dans les MDPH.

Il a le mérite de prendre en compte de nombreuses situations très diverses… qui peuvent faire penser que la personne, en tant que telle est prise en compte? Cependant, malgré les efforts de présentation, est-il utilisable par tous? Accessible en d’autres termes?

Comment les différentes personnes se sentiront-elles prises en compte?  Seront-elles accompagnées dans cette démarche?

Ne fallait-il pas concevoir un formulaire spécifique qui concerne les enfants et jeunes ? Ou  craint-on encore que les dossiers ne puissent pas suivre lorsqu’un jeune étudiant devient par exemple travailleur?

Voir le document